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Coronavirus : comment le port du masque divise politiques et opinions en Europe

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Les discussions sur le port éventuel du masque de protection — et sur quand et comment le porter — ont polarisé les opinions tout au long de la pandémie de coronavirus et a montré l'approche divisée de l'Europe face à la crise du Covid-19.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a modifié son avis le mois dernier, en déclarant que les masques, qu'ils soient chirurgicaux ou "faits maison", devraient être portés en public lorsque la distanciation physique n'est pas possible pour réduire la propagation des gouttelettes par voie aérienne pouvant contenir le nouveau coronavirus. L'OMS avait auparavant fait valoir qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves scientifiques pour étayer l'utilisation des masques par des personnes en bonne santé.

Pour faire face au Covid-19, les politiques relatives au port du masque sur le continent européen ont été aussi variées que les approches des différents gouvernements en matière de distanciation sociale, de confinement et autres mesures préventives.

Lorsqu'il s'agit de savoir s'ils ont choisi de porter un masque, l'attitude des citoyens, elle, a également évolué différemment à travers l'Europe au fur et à mesure de la progression de la pandémie.

Euronews vous propose un aperçu paneuropéen de la situation.

L'évolution des mentalités montre le clivage nord-sud

Les données sur les attitudes générales des citoyens des pays européens à l'égard du port du masque montrent une franche fracture nord-sud.

YouGov et l'Institute of Global Health Innovation (IGHI) de l'Imperial College de Londres ont recueilli des données sur le comportement et les attitudes à l'égard du Covid-19 dans 29 pays, en interrogeant environ 21 000 personnes chaque semaine.

Les résultats de l'enquête montrent que les habitants des pays nordiques, dont la Finlande, la Suède et le Danemark, ont déclaré qu'il était peu probable qu'ils portent un masque lorsqu'ils sont en public, leur opinion restant largement inchangée.

Alors que certains pays d'Europe occidentale - dont les habitants de France, d'Allemagne, d'Espagne et d'Italie - étaient moins susceptibles de porter un masque en public au début de la pandémie, les rapports sur le port du masque ont grimpé en flèche à la mi-mai, lorsque les mesures de déconfinement ont été introduites.

YouGov a demandé aux citoyens européens s'ils étaient prêts à porter un masque dans les lieux publics.

Dans certains cas, comme en Italie et en Espagne, le nombre de personnes qui ont déclaré porter un masque en public a atteint plus de 80 % la semaine dernière, contrairement aux pays nordiques où les dernières réponses à l'enquête montrent des taux inférieurs à 10 %.

Le Royaume-Uni est un cas particulier en termes de réponses de ses habitants, avec une augmentation progressive de l'utilisation signalée, qui est passée de près de 0 % lorsque la pandémie s'est déclarée en Europe à un peu plus de 60 % la semaine dernière. Le pays n'a pour l'instant pas connu de pic de port de masque similaire à celui des pays du continent.

Les gouvernements et l'opinion publique européenne face au port du masque

La République tchèque et la Slovaquie ont été les premiers pays européens à rendre le port du masque obligatoire dans les supermarchés, les pharmacies et dans les transports publics, les 18 et 25 mars respectivement.

La Bosnie a réagi peu après, le 29 mars, en obligeant ses citoyens à porter un masque lorsqu'ils se promènent dans la rue ou hors de chez eux.

Depuis, d'autres pays du continent ont introduit des règles plus ou moins sévères.

Le chancelier Sebastian Kurz a demandé à la population autrichienne de faire un "ajustement important " lorsqu'il a déclaré que le port du masque était obligatoire dans tous les espaces publics, avant d'assouplir les règles par la suite.

En Pologne, des règles similaires, obligeant les gens à se couvrir le nez et la bouche en public, ont été mises en place, mais ont été assouplies à la fin du mois de mai, en précisant que le port du masque n'était pas nécessaire dans les espaces extérieurs où une distance sociale de deux mètres était maintenue.

Petr David Josek/The Associated Press
Une personne âgée, portant un masque et des gants,vote à Varsovie lors de la récente élection présidentielle, le 28 juin 2020.Petr David Josek/The Associated Press

Les masques faciaux sont obligatoires dans les transports publics en France et le Premier ministre français Jean Castex a déclaré ce jeudi 16 juillet que les masques seraient obligatoires dans les espaces publics clos à partir de la semaine prochaine.

Bien que les règles actuelles en France soient parmi les moins draconiennes du continent, la mesure n'a pas été sans incident. Des milliers de personnes se sont présentées pour participer à une marche silencieuse ce week-end dans la ville de Bayonne, au sud-ouest du pays, où un chauffeur de bus est mort des suites de blessures subies lors d'une agression par des passagers qui ont refusé de porter un masque à bord de son véhicule.

Le port du masque est également obligatoire dans les transports publics en Angleterre, en Écosse et en Irlande du Nord et il deviendra obligatoire dans les supermarchés anglais à partir du 24 juillet — c'est déjà le cas en Écosse.

Emilio Morenatti/AP
Des policiers catalans expliquent à une femme que le port d'un masque est obligatoire, sur Las Ramblas de Barcelone, Espagne, le jeudi 9 juillet 2020.Emilio Morenatti/AP

Le Royaume-Uni a connu une approche dispersée entre les quatre nations (Ecosse, pays de Galles, Irlande du Nord et Angleterre) qui le composent en ce qui concerne les mesures contre le Covid-19, en particulier en ce qui concerne l'assouplissement des mesures de confinement et la position de chaque nation sur les masques.

En Espagne, la question du port du masque est source de division et de controverse, étant donné la dureté de la crise dans ce pays et l'augmentation récente du nombre de nouveaux cas.

L'annulation du concert d'Omar Monte à Fuengirola, ancien concurrent de la télé-réalité et chanteur, qui n'avait pas porté de masque lors d'un événement caritatif, est peut-être un indicateur de la sensibilité du public à ce sujet.

Les autorités ont rendu obligatoire le port du masque pour toutes les personnes ayant plus de six ans dans les espaces publics clos, et à l'extérieur lorsqu'il est impossible de maintenir une distance de plus de deux mètres.

La Catalogne et, plus récemment, l'Aragon, La Rioja, l'Estrémadure, la Navarre et Murcie et les Baléares ont décidé d'introduire le port obligatoire du masque, quelle que soit la distance entre les personnes.