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Cette entreprise souhaite transporter des charges lourdes avec un ballon dirigeable

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Prototype d'un dirigeable transportant des charges lourdes
Prototype d'un dirigeable transportant des charges lourdes   -   Tous droits réservés  Flying Whales
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L'entreprise française Flying Whales ambitionne de révolutionner le transport de charges lourdes en construisant de grands dirigeables capables de déplacer jusqu'à 60 tonnes de marchandises. Ces immenses vaisseaux de 150 mètres de long seront produits dans le département français de la Gironde. La construction de l'usine d'assemblage débutera en 2021.

"C’est un appareil qui permettra d’accéder à des zones très compliquées d’accès puisque l’on n’aura pas besoin de se poser pour charger et décharger" explique Romain Schalck, responsable marché de l'entreprise, contacté par Euronews.

Images : Flying Whales
Prototype de dirigeable, transportant des pales d'éoliennesImages : Flying Whales

Pallier le manque d'infrastructures

Cet appareil volant "rempli d'hélium" flottera en l'air et sera doté d'un moteur hybride pour le diriger. "On le destine principalement à faire des distances relativement courtes [...] entre 300 et 500 km, pour transporter des charges lourdes à partir du moment où les infrastructures de transport sont difficiles voire inexistantes au sol".

"Transporter une pale d'éolienne qui va faire 80 mètres de long, vers une zone montagneuse qui passe par des petits villages, c'est un cauchemar logistique" souligne-t-il, en précisant que le dirigeable se veut être un mode de transport "complémentaire" qui n'a pas pour vocation à concurrencer le fret classique, qu'il soit routier ou aérien.

À partir du moment où la route s’arrête, où les voies navigables sont compliquées parce que le climat est compliqué, on peut prendre le relais
Romain Schalck
Responsable marché de l'entreprise Flying Whales

Dans un premier temps, les dirigeables disposeront d'un stock de kérosène aéronautique classique pour "générer de l’énergie électrique qui va être distribuée au propulseur tout autour de l’appareil". La consommation de carburant sera beaucoup moins importante "que n'importe quel enfin volant aujourd'hui" précise-t-il.

Une pile à hydrogène est actuellement en cours de mise au point, afin de créer une chaîne de propulsion toute électrique. L'objectif est de permettre au dirigeable, dans un second temps, "de ne pas émettre de C02 en vol".

Chargement et déchargement en vol

L'Office national français des forêts (ONF) a déjà manifesté son intérêt pour ce nouveau type de transport. "On commencera en partie à travailler avec l’ONF pour aller chercher du bois dans des zones de montagne où aujourd’hui l’ONF n’arrive pas à aller" indique Romain Schalck. L'ONF est d'ailleurs entré en capital de l'entreprise, au même titre que Bouygues, ADP et la région Nouvelle-Aquitaine.

La société, majoritairement contrôlée par "des acteurs français", est en recherche constante de fonds publics et privés. "En 2017, nous avons fait rentrer le groupe aéronautique chinois AVIC" ainsi que "le gouvernement du Québec en décembre 2019". 400 à 500 millions d’euros sont nécessaires pour financer l'ensemble du programme, jusqu’à l’entrée en opération du premier dirigeable en 2024.

"En forêt, nous irons au-dessus d’une zone de coupe et des treuils iront chercher des grumes de bois et les remonteront directement dans la soute" décrit-t-il. "On n’a pas à utiliser d’infrastructures de transports, là aussi l’impact sur l’environnement est totalement réduit".

Images : Flying Whales
Prototype de dirigeable, transportant du boisImages : Flying Whales

Développement à l'international

Plusieurs pays et régions du monde ont déjà prévu d'expérimenter le dirigeable de Flying Whales comme solution de transport complémentaire, notamment l'Indonésie, le Québec et la Guyane. "Ces trois exemples [...] sont des pays ou des régions dans lesquels des communautés sont très isolées, parce qu’on a des contraintes géographiques, climatiques qui rendent la création d’infrastructures de transport difficile".

Flying Whales prévoit également de mettre ses innovations au service de populations sinistrées. "On est en train de parler avec des grands acteurs internationaux, notamment avec l’ONU, pour les aider dans les opérations humanitaires". Le dirigeable pourrait ainsi être mobilisé pour acheminer du matériel d’urgence sur des zones ayant subi des catastrophes naturelles, ou pour évacuer des personnes.