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Violences dans le patinage : plus de 20 entraîneurs soupçonnés en France

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Par euronews avec AFP
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Archives : les patineurs Sarah Abitbol et Stéphane Bernadis, le 3 novembre 2000
Archives : les patineurs Sarah Abitbol et Stéphane Bernadis, le 3 novembre 2000   -   Tous droits réservés  JACQUES DEMARTHON/AFP
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Six mois après les révélations de l'ancienne patineuse Sarah Abitbol en France, l'enquête diligentée par le ministère des Sports met en évidence des soupçons pesant sur une vingtaine d’entraîneurs dans le secteur du patinage artistique. Douze le sont pour des faits de "harcèlement ou d'agressions sexuelles".

L'affaire éclaboussait le milieu du patinage artistique en février dernier. Dans un livre choc, l'ancienne patineuse française Sarah Abitbol accusait fin janvier son ancien entraîneur Gilles Beyer de l'avoir violée et agressée sexuellement plusieurs fois entre 1990 et 1992.

Des révélations qui ont bouleversé le milieu du sport et qui avaient conduit le président de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet à démissionner de son poste. Depuis, le ménage a-t-il été fait ? Après ces révélations, le ministère des Sports avait diligenté une enquête auprès de l'Inspection générale de l'Education, du sport et de la recherche.

Cinq mois plus tard : les premières conclusions sont tombées : une vingtaine d’entraîneurs sont concernés par des soupçons de violences. Douze le sont pour des faits de "harcèlement ou d'agressions sexuelles". Sept autres sont soupçonnés de "violences physiques ou verbales".

"Le volume des affaires est révélateur de pratiques et de comportements reproduits, qui ont traversé des générations d'entraîneurs dans les principales disciplines de la FFSG que sont le patinage artistique et la danse sur glace. Il est sans équivalent au plan international", souligne le ministère dans son communiqué.

"Ces différents dossiers ont d'ores et déjà donné lieu à deux signalements au procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale (février 2020), au placement en détention provisoire d'un entraîneur (février 2020) et à cinq mesures administratives d'interdiction d'exercer (avril 2020)", souligne le ministère.

"L'Inspection fait apparaître une caractéristique propre au patinage artistique avec des enfants très jeunes, on parle d'un sport à maturité précoce, avec des relations entre entraîneurs et patineurs marquées par une manière d'incarner l'autorité très forte, ce qui est compliqué pour les enfants d'y échapper", explique Philippe Liotard, enseignant-chercheur, membre du Laboratoire sur les vulnérabilités et l'innovation dans le sport et chargé de mission égalité-diversité à l'Université Lyon 1.

Au-delà des sanctions, cet enseignant-chercheur spécialiste de la question appelle aussi à plus de sensibilisation et de formation dans les fédérations pour développer ce qu'il appelle une "vigilance collective". Philippe Liotard évoque notamment la nécessité de mettre en place des "_systèmes d'écoute et d'accompagnement pour les victimes et personnes témoin_s".

Et une vigilance à tous les étages. Sauf que la mission d'enquête égratigne le fonctionnement fédéral marqué par "une forte concentration des pouvoirs n'associant réellement que très peu de dirigeants et de cadres techniques", qui n'a pu que "favoriser une forme d'omerta".

La FFSG était depuis sous la menace du retrait de la délégation du ministère, arme absolue qui n'a pas été préconisée par les inspecteurs généraux dans leur rapport.

Une seconde partie de la mission d'enquête de l'IGESR "portera notamment, dans le cadre du contrôle demandé, sur les conditions dans lesquelles les conseillers techniques sportifs du ministère chargé des sports placés auprès de la fédération ont exercé leurs fonctions".