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Bélarus : la répression violente des manifestants se poursuit

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Rassemblent à Minsk, le 12 août à l'endroit où un manifestant à trouver la mort lors d'affrontements avec les forces de l'ordre
Rassemblent à Minsk, le 12 août à l'endroit où un manifestant à trouver la mort lors d'affrontements avec les forces de l'ordre   -   Tous droits réservés  Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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L'Union européenne a condamné la violence «disproportionnée et inacceptable» exercée par les forces de l'ordre au Bélarus face aux manifestants pacifiques. Sur place, les groupes de défense des droits de l'homme dénoncent des «conditions inhumaines» de détention.

Devant l'un des centres de détention de la capitale Minsk, les noms des personnes portées disparues sont lus à voix haute face à des familles inquiètes, sans nouvelles de leurs proches. Une femme interrogée par notre journaliste affirme avoir appris, la veille, que son fils y était retenu. "Je lui ai apporté des choses mais ils ne me laissent pas lui donner" déplore-t-elle.

Les conditions de vie des personnes emprisonnées dans les centres de détention du Bélarus seraient déplorables. De nombreuses vidéos partagées sur les réseaux sociaux documentent les exactions commises par les gardes sur les manifestants.

"Ils sont battus lorsqu'ils sont détenus, ils sont battus lorsqu'ils sont amenés au poste local, ils sont battus dans les centres de détention et ils sont battus lorsqu'ils sont libérés" explique Ales Belyatski, chef du centre des droits de l'homme "Viasna".

"Dans une cellule prévue pour 5 ou 7 personnes, il y a 50 à 70 personnes. Ils sont tous debout, ils ne peuvent pas s’asseoir. Il n’y a pas assez d’eau. Ils subissent des violences physiques" poursuit-il.

"S'ils se plaignent, ils sont battus"

Inna Dobrotvor, professeure d'anglais, a été arrêtée le jour du vote alors qu'elle voulait porter plainte pour exiger un recomptage des voix. La jeune femme a été témoin des abus commis en détention, où elle a passé deux jours.

"Les hommes sont déshabillés dans la salle de contrôle, ils ne peuvent même pas garder leurs chaussures. Puis ils sont obligés de marcher dans le couloir en portant leurs vêtements et de se mettre à genoux face à un mur. S'ils se plaignent, ils sont battus."

Pour légitimer ces arrestations, le président biélorusse Alexande Loukachenko affirme que ceux qui manifestent contre lui ont "de longs antécédents judiciaires".

Au cours de cette répression, les tactiques utilisées par la police pour disperser et rafler les manifestants ont suscitent l'indignation des organisations internationales.

Le Haut‑Commissariat des Nations unies a déclaré que les autorités biélorusses ne devaient utiliser la force qu'en dernier recours. Les appels à la retenue sont, pour l'heure, ignorés par les autorités, au grand désespoir des familles, qui attendent la sortie de détention de leurs proches.