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Liban : les députés entérinent et prolongent l'état d'urgence

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Liban : les députés entérinent et prolongent l'état d'urgence
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Les députés libanais se sont réunis ce jeudi pour leur première session de travail depuis la double explosion meurtrière dans le port de Beyrouth. La séance s'est déroulée au palais de l'Unesco, en raison des nouveaux appels à manifester devant le Parlement, situé dans le centre-ville de la capitale.

Les députés ont entériné et allongé l'état d'urgence, décrété par le gouvernement au lendemain du drame. "L'état d'urgence dans la capitale Beyrouth a été prolongé d'un mois, car la situation sanitaire sur le terrain l'exige", a déclaré Hamad Hassan, le ministre libanais de la santé.

Inquiétudes pour la liberté de manifester

L'état d'urgence confère plus de pouvoir à l'armée. Pour l'ONG libanaise Legal Agenda, spécialisée dans les questions juridiques, une telle mesure pourrait donc "porter atteinte à la liberté de manifester" et permettrait aux militaires "d'empêcher les rassemblements considérés comme une menace à la sécurité", alors que le drame a relancé un mouvement de contestation populaire contre la classe politique.

Une grande partie des Libanais en colère réclament la chute du régime et le départ du président Michel Aoun, 85 ans, du chef du Parlement, l'indéboulonnable Nabih Berri, des députés et de tous ces dirigeants en place depuis des décennies. Ces derniers jours, des heurts ont secoué les abords du Parlement à plusieurs reprises, les forces de l'ordre tirant des gaz lacrymogènes contre des manifestants jetant des pierres.

Le port de Tripoli se prépare

A 80 km au nord de la capitale, le port de Tripoli se prépare à remplacer temporairement celui de Beyrouth, malgré ses infrastructures et sa capacité insuffisantes.

"Le port de Tripoli peut prendre momentanément la place de celui de Beyrouth, le temps que ce dernier recommence à fonctionner normalement", a assuré le directeur du port, Ahmad Tamer.

Jusqu'à présent, le port fonctionnait seulement à 40% de sa capacité, selon le directeur, n'accueillant que deux millions de tonnes de marchandises par an. Tout comme il ne recevait que 80 000 conteneurs par an alors qu'il peut en traiter 300 000.

Depuis des décennies, c'est en effet par le port de Beyrouth que transite l'écrasante majorité des importations. Le Liban importe 85% de sa nourriture et c'est dans la capitale que ces cargaisons étaient déchargées.

Le Tonnerre arrive au Liban

L'aide internationale, enfin, continue d'être acheminée. Le porte-hélicoptères français, Le Tonnerre, est arrivé au Liban ce jeudi, transportant plusieurs centaines de militaires, des équipements et des matériaux de construction. Le navire transporte également de la nourriture, notamment 200 tonnes de blé, des produits laitiers, de l'eau et 134 tonnes de rations alimentaires.

Le navire a été accueilli par la ministre française des Armées, Florence Parly, au Liban jusqu'à vendredi. Elle devra notamment rencontrer le président Michel Aoun.