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Coronavirus : plus de 200 clusters en cours d’investigation en France

Photo d'illustration : le quartier de Montmartre à Paris, le 11 août 2020
Photo d'illustration : le quartier de Montmartre à Paris, le 11 août 2020   -   Tous droits réservés  ALAIN JOCARD/AFP
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Les autorités françaises sont soucieuses, le coronavirus SARS-CoV-2 prolifère toujours dans l'Hexagone. Les derniers indicateurs sont même mauvais, en atteste le nombre de nouveaux cas confirmés qui "augmente régulièrement" selon la Direction générale de la Santé (DGS). Ainsi, 2 669 nouveaux cas ont été détectés lors des dernières 24 heures en France.

Cette tendance à la hausse concerne également les foyers de transmission qui se multiplient. En effet, du 3 au 9 août, 112 nouveaux clusters ont été signalés en France. Les autorités sanitaires du pays indiquent également, qu'au 11 août, 233 clusters sont actuellement en cours d'investigation. De plus sur ce total, 64 sont considérés avec un seuil de criticité élevée, avec un fort potentiel de transmission et des critères de gravité aggravé.

Depuis le 9 mai, un total de 746 clusters a été identifié par les autorités sanitaires. La hausse de ces foyers de progression est particulièrement probante ces dernières semaines.

Un cluster est défini, selon Santé publique France, "par au moins 3 cas confirmés ou probables, dans une période de 7 jours, appartenant à une même communauté ou ayant participé à un même rassemblement de personnes, qu’ils se connaissent ou non".

Santé publique France note toutefois dans son dernier bilan hebdomadaire, que le nombre de cas moyen par cluster est en baisse passant à 10 contre 19 en mai-juin. Par ailleurs, les autorités sanitaires ajoutent qu'une large circulation du virus en dehors des clusters est observé.

Les entreprises, l'un des plus importants foyers de contamination

Sur le total des 746 clusters qui ont été identifiés depuis le 9 mai, 182 l'ont été dans des entreprises privées et publiques (hors établissements de santé). Sur ce total, 65 clusters sont actuellement en cours d'investigation, à l'image d'un foyer détecté cette semaine dans un magasin de l'enseigne FNAC à Paris. Six cas avérés de Covid-19 ont été, en effet, détectés parmi les salariés de la Fnac des Ternes. La branche locale des autorités sanitaires, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France a indiqué que ses équipes "identifient les cas contacts et les placent à l'isolement (quatorzaine)". En fonction du nombre de personnes en contact avec le cas positif, l'ARS peut alors "recommander la fermeture". Les cas détectés dans ce magasin l'ont été dans des services différents, en contact ou pas avec la clientèle.

La question du port du masque généralisé et obligatoire dans les entreprises se posent de plus en plus. Une mise à jour du protocole de déconfinement devrait être communiqué dans le ministère du Travail. Des réunions dans ce sens sont prévues rue de Grenelle avec les dirigeants syndicaux et patronaux pour adapter ce protocole, qui n'impose, pour l'instant que le port du masque uniquement quand la distanciation d'un mètre n'est pas respectée.

Attention toute particulière portée aux jeunes et aux événements festifs

L'augmentation des nouveaux cas a été particulièrement marquée chez les 25-35 ans, selon publique France. Entre le 3 et le 9 août, dans le détail, la hausse des contaminations a été de 55% pour les 25-29 ans et de 52% pour les 30-34-ans.

Le coronavirus s'est, en effet, invité dans de nombreuses fêtes organisées entre jeunes comme à Saint-Malo, où 25 cas de contamination avaient été rapportés en juillet. Même chose à Marseille où l'Agence régionale de santé a identifié, début août, "huit clusters, liés à des rassemblements festifs ou estivaux".

PASCAL GUYOT/AFP
Teufeurs, lors d'une rave party sauvage dans le parc naturel des Cévennes, en Lozère le 10/08/20, où distanciation physique et gestes barrières n'ont pas été respectés/PASCAL GUYOT/AFP

Face à cette situation, les autorités sanitaires multiplient les actions ciblées à destination des jeunes, pour les sensibiliser. En effet, si les formes de la maladie peuvent être moins marquées chez les jeunes, ces derniers sont potentiellement porteurs du virus et peuvent donc le transmettre à des populations à risque, comme les personnes âgées.

Pour ce faire, l'ARS de la région Bretagne a par exemple mis à contribution un joueur du club de football du Stade Rennais. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le milieu de terrain Eduardo Camavinga rappelle l'importance des gestes barrières et de se laver les mains.

Pour vaincre la COVID-19, adoptez les gestes barrières !

[#BonÉtéBonsRéflexes 👍] Face à la #COVID19, le Stade Rennais FC rentre dans le match ! 🏠 Si je suis testé positif, je reste chez moi ↔️ Je garde mes distances 💦 Je me lave les mains régulièrement 😷 Je porte mon masque « Unis, on gagne toujours » #ToutDonner --- Ce spot est réalisé en partenariat avec le Stade Rennais. Un grand merci à eux et à Eduardo Camavinga pour leur soutien.

Publiée par Agence Régionale de Santé Bretagne sur Mercredi 12 août 2020

Autre exemple, en Nouvelle-Aquitaine, où l'ARS locale explique "comment faire la fête sans inviter le coronavirus".

"Tester, tester et encore tester"

Pour tenter d'enrailler ce mouvement à la hausse, le numéro deux du ministère français de la Santé a insisté ce vendredi sur l'importance des tests.

Jérôme Salomon Salomon a ainsi rappelé, sur l'antenne de France Inter, qu'il était nécessaire de se faire tester "quand on a des symptômes, même vraiment bénins, quand on a été exposé, quand on a un collègue, un ami qui est positif" en ajoutant "qu'il ne faut pas hésiter à se faire tester lorsqu'on pense avoir été exposé à un risque", comme lors d'une soirée ou après avoir passé des vacances dans un pays où le SARS-CoV-2 circule activement.

La pandémie de Covid-19 a fait 30 388 morts en France, selon le dernier bilan. 209 365 cas confirmés ont été également reportés dans l'Hexagone depuis le début de l'épidémie. Les villes de Paris et Marseille sont "particulièrement à risque" et "une vingtaine de départements sont au-dessus d'un certain seuil de vigilance", a également déclaré Jérôme Salomon ce vendredi en ajoutant que la capitale française et le département des Bouches-du-Rhône ont été classés zones de "circulation active" du coronavirus. Ce classement va permettre aux préfets de ces deux collectivités de prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre l'épidémie, en concertation avec les élus, par un décret publié vendredi au Journal officiel.