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Bélarus : face à la contestation, Loukachenko accuse les forces étrangères

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Bélarus : face à la contestation, Loukachenko accuse les forces étrangères
Tous droits réservés  Dmitri Lovetsky/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Des dizaines de femmes ont formé ce jeudi une chaîne humaine autour de l'église Saint-Siméon-et-Sainte-Hélène située place de l'indépendance à Minsk, pour dénoncer les violences policières au Bélarus. La veille, des dizaines de personnes réclamant le départ d'Alexandre Loukacheno avaient été interpellées au même endroit.

Confronté à bientôt trois semaines de contestation, le chef de l'Etat bélarusse a dénoncé jeudi une "guerre hybride", à la fois diplomatique et médiatique, pilotée par les voisins baltes et polonais du Bélarus.

"Un massacre diplomatique a commencé contre nous au plus haut niveau" a-t-il ajouté, en dénonçant des ingérences étrangères.

Des membres de l'opposition convoqués

Dans la capitale Minsk et dans d'autres villes du pays, des rassemblements quotidiens ont lieu malgré les déclarations martiales d'Alexandre Loukachenko, doublées d'une répression. Les 16 et 23 août, quelque 100 000 personnes ont ainsi défilé contre lui et ses détracteurs espèrent renouveler l'opération dimanche.

Les autorités maintiennent néanmoins elles aussi la pression. Une des principales figures de l'opposition, Maria Kolesnikova, a été convoquée jeudi par les enquêteurs dans le cadre des poursuites déclenchées contre le "conseil de coordination" formé pour promouvoir la transition politique, dont elle est membre.

Comme la lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch la veille, Mme Kolesnikova a refusé de répondre à leurs questions : "J'ai exercé mon droit constitutionnel de ne pas témoigner contre moi-même", a-t-elle déclaré.

Le président russe Vladimir Poutine s'est dit prêt jeudi à déployer des forces chez le voisin bélarusse si la contestation post-électorale devait y dégénérer, tout en appelant les parties à un règlement négocié.

"Nous regrettons que le président Loukachenko, qui a déclaré que les ingérences étrangères étaient inacceptables, ait pris l'initiative de constituer une réserve d'officiers de la fédération de Russie" a réagi Maria Kolesnikova . "C'est pour nous un signe que Loukachenko a peur de son propre peuple, et qu'il n'est pas capable d'entendre les bélarusses et leurs problèmes".

Jeudi soir, plusieurs dizaines d'arrestations ont été signalées en marge du mouvement de contestation. Un groupe d'une vingtaine de journalistes bélarusses et étrangers ont été emmenés au poste par la police pour un "contrôle d'identité", au moment où ils s'apprêtaient à couvrir une action de l'opposition.

Plusieurs centaines de médecins ont pour leur part protesté à Minsk contre le renvoi du directeur d'un centre de cardiologie, dû selon eux à son soutien à l'opposition.

L'Union européenne critique les poursuites

Jeudi matin, les ambassadeurs à Minsk de l'Union européenne et de ses Etats membres ont signifié au chef de la diplomatie bélarusse que les poursuites visant l'opposition étaient "inacceptables" et ont appelé le pouvoir à accepter le dialogue.

La rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Vladimir Makei intervient alors que l'UE doit décider sous peu des sanctions qu'elle compte infliger aux hauts responsables qui auraient eu un rôle dans la répression et les fraudes électorales.

Les mesures brutales prises contre les contestataires dans les jours ayant suivi l'élection ont fait trois morts, des dizaines de blessés et plus de 7 000 personnes ont été arrêtées.

La plupart des manifestants interpellés ont été relâchés mais les diplomates de l'UE ont demandé à pouvoir accéder aux prisons où certains sont encore détenus, sur fond de témoignages faisant état de mauvais traitements, voire de tortures.