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Agressions en cascade : le ras-le-bol des maires de France

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Par Guillaume Desjardins
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Agressions en cascade : le ras-le-bol des maires de France
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Croisilles, petit village d'environ 2 000 habitants dans le Pas-de-Calais. Le 7 août dernier, des riverains se plaignent de nuisances dans la rue. Le maire, Gérard Dué se rend sur place pour tenter d'y mettre fin.

Gérard Dué, maire (PS) de Croisilles rapporte ce qui a suivi : "Je lui dis : 'Donne moi les clefs, tu n'as pas le droit de conduire, tu n'as pas de permis.' Et là, un éclair, je n'ai rien vu, je me suis retrouvé 3 mètres plus loin, ma sandale d'un coté, moi de l'autre coté, dos éraflé coude éraflé, et puis un poignet endommagé."

Le mois dernier, l'association des maires de France a lancé l'alerte autour du “climat d’insécurité auxquels sont confrontés les élus municipaux dans l’exercice de leurs fonctions”.

En août 2019 déjà, la mort du maire de Signes, dans le Var, alors qu'il s'opposait à un dépôt illégal d'ordures, avait choqué la France. L'AMF a déjà recensé plus de 230 agressions de maires depuis le début de l'année, contre 383 pour l'ensemble de 2019.

André Flajolet, vice-président des maires de France : "En réalité, l'Etat, et plus exactement le pouvoir judiciaire, considère que ce sont des problèmes de seconde zone, qui n'ont pas d'intérêt, qui viennent encombrer le dispositif judiciaire, alors qu'ils sont fondamentaux, dans la garantie de la devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité."

Au-delà de leurs rôles d'administrateur de leur ville, les maires français sont investis d'un pouvoir de police, notamment concernant des méfaits comme les dépôts illégaux d'ordures, des nuisances sonores ou des comportements dangereux.

Mais pour beaucoup, leurs pouvoirs ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités, ni les sanctions à la hauteur des délits.

Philippe Bas, sénateur (LR), président de la Commission des lois : "Il faut que chacun soit mis au pied du mur, face à ses responsabilités, et qu'on sache que s'en prendre à un maire, c'est comme s'en prendre à un gendarme, ou à un policier, c'est une circonstance aggravante, et qu'il ne faut pas compter sur l'indulgence du procureur et l'indulgence du tribunal. Et que à chaque agression, il y ait une sanction."

Guillaume Desjardins, Euronews : "En décembre 2019, une loi a déjà tenté de s'attaquer au problème, en donnant aux maires plus de pouvoirs de police administrative. Mais cette loi rate, en quelque sorte, sa cible, car elle s'occupe du problème a posteriori en fournissant aux maires un soutien psychologique ou financier après coup."