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42 départements français en "rouge" : Jean Castex annonce plus de mesures contre le Covid-19

Une conférence précédente sur le Covid-19 tenue par le Premier ministre français, Jean Castex, le 27 août 2020 à Paris
Une conférence précédente sur le Covid-19 tenue par le Premier ministre français, Jean Castex, le 27 août 2020 à Paris   -   Tous droits réservés  Christophe Archambault /AP
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La montée au créneau du Conseil scientifique sur l'extension préoccupante du coronavirus en France, qui est intervenue dès mercredi, a certainement accéléré la prise de parole des autorités. Une fois le début de polémique passé entre le président de l'instance, le professeur Jean-François Delfraissy, et le président de la République, Emmanuel Macron, il était tout de même temps d'entrer dans le vif du sujet.

Toutefois, la confusion a quelque peu régné vendredi après-midi... Dans un premier temps, on nous annonçait que le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'était vu confier la charge d'annoncer les nouvelles mesures censées permettre de freiner l'avancée du Covid-19. Finalement, c'est le Premier ministre, Jean Castex, qui a repris la main. Il a fait une déclaration de l'Hôtel de Matignon à Paris, où il s'est d'ailleurs placé à l'isolement après avoir côtoyé le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, lui-même infecté.

Jean Castex a reconnu d'emblée une "dégradation manifeste" de la situation.

Désormais, 42 départements ont viré au "rouge". Les préfets installés dans ces zones plus à risque, épaulés par les élus locaux, vont pouvoir décider de mesures particulières concernant le port du masque, les rassemblements publics, les grands événements ou l'ouverture de certains commerces. Les représentants de l'Etat ont jusqu'à lundi pour faire des propositions.

La liste rouge est la suivante :

Paris, la Seine-et-Marne, les Yvelines, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Val-d'Oise...

Le Nord, le Pas-de-Calais, la Seine-Maritime, le Bas-Rhin...

Le Loiret, la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, l'Ile-et-Vilaine...

La Gironde, les Pyrénées-Atlantiques, la Haute-Garonne, le Tarn-et-Garonne...

Les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Hérault, le Gard...

La Côte d’Or, le Puy-de-Dôme, la Loire, le Rhône, l'Ain, l'Isère...

Les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, le Var, les Alpes-Maritimes, la Haute-Corse, la Corse-du-Sud...

La Guadeloupe, la Martinique, La Réunion, la Guyane et Mayotte.

Voici les principales remarques ou annonces du chef du gouvernement :

Le virus est là pour quelques mois encore, et nous devons réussir à vivre avec lui, sans nous laisser entraîner dans une logique de confinement généralisé
Pour les tests, les temps d'attente sont trop importants, notamment dans certaines villes

Le Premier ministre dit surtout penser aux personnes qui ont des symptômes ou qui ont été en contact rapproché avec une personne positive. Il souhaite que les tests aillent également plus vite pour le personnel soignant travaillant à l'hôpital, dans un Ehpad ou à domicile. Des créneaux horaires spéciaux leur seront réservés :

Pour ces personnes prioritaires, nous allons renforcer les circuits dédiés de dépistage, ainsi les laboratoires leur réserveront certains créneaux horaires
2 000 personnes supplémentaires vont être recrutées pour effectuer le traçage des cas de Covid-19
La durée d'isolement pour les personnes déclarées positives au Covid-19 est ramenée de 14 jours à 7 jours

Jean Castex a précisé que cette durée plus courte était recommandée par le Conseil scientifique car c'est pendant les 7 premiers jours qu'il y a "un véritable risque de contagion". "Il est primordial que chacun respecte strictement cette durée d'isolement", a-t-il toutefois insisté ; des contrôles seront effectués.

9 843 contaminations ont été répertoriées en 24 heures, ont annoncé les autorités sanitaires jeudi soir, ce qui constitue un record depuis le début de l'épidémie. Peut-être plus préoccupant encore, le nombre de malades transférés dans les services de réanimation a dans le même temps dépassé la barre des 600, une première depuis la fin juin.

Le taux de reproduction du coronavirus, c'est-à-dire le nombre moyen de personnes qu'un malade peut à son tour infecter, est d' 1,29 en moyenne.

Et on estime actuellement qu'il y a sur le territoire français 130 cas positifs pour 100 000 personnes, soit l'un des ratios les plus élevés d'Europe, derrière l'Espagne où l'on évalue le nombre de contaminations à 260 pour 100 000 personnes.