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L’Union européenne cherche le compromis migratoire

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L’Union européenne cherche le compromis migratoire
Tous droits réservés  ANGELOS TZORTZINIS/AFP
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La Grèce est le "bouclier de l'Europe". Ces propos sont ceux de la Commission européenne en février dernier après les violences entre la police grecque et des milliers de migrants autorisés par la Turquie à rejoindre la frontière.

La présidente de l'institution, Ursula von der Leyen, prononcera ce mercredi son premier discours sur l'état de l'Union européenne quelques jours après l'incendie du camp de demandeurs d'asile de Moria en Grèce.

Le principe de la relocalisation des migrants arrivés en Grèce ou en Italie semble acquis, selon Philippe De Bruycker. Le professeur de droit à l’Université libre de Bruxelles souligne cependant que les Etats membres pourraient proposer d’autres solutions "en débloquant de l'argent ou en fournissant des équipements ou en proposant davantage de diplomates dans les pays de transit ou de départ".

La Commission a proposé de consacrer 30 milliards d'euros pour la politique migratoire dans le cadre du budget de l’UE 2021-2027. Mais les 27 chefs d’Etat et de gouvernement ont réduit l'enveloppe à 22 milliards d'euros.

Une partie de l'argent est destinée aux 10 000 gardes-frontières et garde-côtes mobilisés pour lutter contre trafic d'êtres humains. La prochaine stratégie migratoire de l'Union devrait renforcer la distinction entre les réfugiés et les migrants économiques. Elle pourrait aussi élaborer des routes légales pour les deux cas. "Un réfugié est une personne persécutée ou qui vit dans la peur extrême pour sa vie ou pour sa famille. Il doit être accueilli selon le droit international. Mais un migrant économique peut être autorisé ou non dans l'Union", insiste l’eurodéputé Nuno Melo (PPE).

Pour l'organisation non-gouvernementale (ONG) PICUM, les demandeurs économiques ne devraient pas être stigmatisés. De nombreux migrants ont un rôle essentiel dans plusieurs secteurs d'activité comme l'agriculture ou le bâtiment. Mais certains gouvernements préfèrent les maintenir dans l'économie clandestine. "Les travailleurs migrants peuvent aussi être des travailleurs essentiels, on les a beaucoup applaudi pendant le confinement. Ils risquent leur vie sur des bateaux, ils sont bloqués dans des camps alors que dans le même temps il y a une forte présence de migrants dans l'économie", précise Michele LeVoy, directrice de PICUM.

La proposition de la Commission, attendue dans les prochains jours, devrait entrainer de difficiles négociations entre les Etats membres.