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Allemagne : 30 ans après la réunification, le souvenir de la division s'estompe

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The Reichstag building illuminated to celebrate the anniversary of Germany's reunification in Berlin, 2015
The Reichstag building illuminated to celebrate the anniversary of Germany's reunification in Berlin, 2015   -   Tous droits réservés  Michael Sohn/AP
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30 ans après, une génération a grandi dans l'Allemagne réunifiée et le souvenir de la division se fait de plus en plus lointain. La chute du mur en 1989, la disparition un an plus tard de la RDA, les jeunes Allemands les étudient à l'école, mais la fête nationale du 3 octobre n'est pas toujours très évocatrice à leurs yeux. Thomas Rippe a 34 ans, il enseigne l'histoire aux adolescents dans l'ouest du pays et confirme cette forme de désintérêt.

«I l faut bien reconnaître que les jeunes Allemands se sentent peu concernés par cette journée, explique-t-il_. Un collègue m'a dit un jour qu'il se demandait chaque année pourquoi les magasins étaient fermés le 3 octobre. C'est sans doute différent de ce qui se passe en France, lorsque tous le monde sort dans les rues pour la fête nationale, que les drapeaux sont agités. Cela n'a rien à voir ici. Les Allemands sont beaucoup plus réservés à cette occasion. »_

Signe de ce détachement, certains termes ont disparu du langage courant.

« Quand j'étais jeune, on utilisait encore les termes "Ossi" et "Wessi", c'était dans les années 2000, et c'était le cas aussi dans mon enfance, dans les années 90, raconte l'enseignant. Mais aujourd'hui, "Ossi" et "Wessi" ne veulent pas dire grand chose pour mes étudiants. Les gens ont intégré le fait que nous étions une Allemagne unifiée. Le fait qu'il y ait eu une frontière s'estompe de plus en plus. »

Une étude de la Fondation Otto Brenner le confirme : les Allemands, tous âges confondus, ont intégré l'unité du pays. En 1991, un peu plus d'un quart des personnes interrogées à l'Est comme à l'Ouest se sentaient étrangères les unes aux autres. En 2018, elles n'étaient plus que 16 % environ. Un pourcentage que les auteurs de l'étude jugent encore trop élevé.

Le changement de perception passe aussi par l'enseignement, rappelle Thomas Rippe, dans une Allemagne riche de son histoire contemporaine.