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Présidentielle moldave : le président pro-russe et la candidate pro-UE au 2e tour

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Présidentielle moldave : le président pro-russe et la candidate pro-UE au 2e tour
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Selon des résultats quasi définitifs, le chef de l'Etat sortant, Igor Dodon, soutenu par Moscou, affrontera au second tour la candidate de centre-droit pro-européenne Maia Sandu.

Cette dernière a créé la surprise en arrivant en tête avec près de 36% des voix. Igor Dodon obtient quant à lui près de 33 %. L'écart, très mince, promet un second tour serré, le 15 novembre, mais un choix clair pour les électeurs entre une perspective davantage tournée vers l'Europe incarnée par Maia Sandu et une politique orientée vers la Russie avec Igor dodon.

"Vous avez fait preuve de patriotisme et démontré que l'avenir de la Moldavie vous tient à coeur", s'est adressé Igor Dodon, 45 ans, aux électeurs aussitôt après la clôture de l'élection, qu'il a jugée "correcte, libre et démocratique".

Cet ancien ministre de l'Economie dans un gouvernement communiste avait promis lors de la campagne "la poursuite d'une coopération bénéfique avec la Russie" et l'apprentissage obligatoire du russe à l'école dans ce pays majoritairement roumanophone, un programme qui lui a valu les louanges de son homologue Vladimir Poutine.

Sa rivale Maia Sandu, 48 ans, qu'il avait vaincue lors du précédent scrutin, en 2016, s'est engagée à œuvrer pour une intégration de la Moldavie dans l'Union européenne et pour faire revenir au pays le million de Moldaves qui travaillent à l'étranger.

Se refusant à commenter ces premiers résultats, elle s'est félicitée de la forte mobilisation de la diaspora, traditionnellement favorable aux candidats de centre droit.

Au total 42,7% des inscrits ont exprimé leur suffrage dans les bureaux de vote ouverts en Moldavie et à l'étranger, contre près de 51% au premier tour de 2016.

Ancienne république soviétique de 3,5 millions d'habitants nichée entre la Roumanie et l'Ukraine, la Moldavie a été frappée ces dernières années par des crises politiques à répétition et par une gigantesque fraude bancaire portant sur un milliard de dollars, soit 15% de son produit intérieur brut.

Les forces favorables à un rapprochement avec la Russie et les partisans d'une intégration européenne se sont succédé au pouvoir, sans jouir d'une majorité claire.

La Moldavie est connue pour son industrie viticole et un conflit gelé avec des séparatistes pro-russes, en Transnistrie, qui ont fait sécession en 1992 après une guerre éclair. Moscou y maintient depuis des troupes.

De précédents scrutins ayant été entachés de fraudes, nombre d'électeurs ont affirmé craindre un "scénario" comme au Bélarus, où la réélection contestée en août du président Alexandre Loukachenko, soutenu par Moscou, suscite un mouvement de contestation historique.

"Nous ne voudrions pas que les choses se passent comme au Bélarus, mais si ça continue comme ça je pense que nous n'aurons pas d'autre solution", a dit à l'AFP Maria Turcanu, 55 ans, médecin à Chisinau.

Au total 2 200 observateurs ont été déployés lors de cette élection, dont 34 par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui livrera lundi les conclusions de sa mission.