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Médicaments : le spectre d'une pénurie en France

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Pharmacie près de Paris, avril 2020.
Pharmacie près de Paris, avril 2020.   -   Tous droits réservés  Francois Mori/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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C'est un phénomène "à la dynamique explosive", selon l'UFC-Que Choisir.

L'association de consommateurs vient de publier une étude selon laquelle le nombre de médicaments en rupture de stock est passé de 405 en 2016, à 2 400 pour 2020. Un chiffre multiplié par six en l'espace de quatre ans, et qui s'appuie sur les données de l'Agence Nationale de sécurité du médicament. Ce sont pourtant des produits indispensables, d'intérêt thérapeutique majeur.

Les traitements les plus souvent concernés sont des antibiotiques courants ou concernent les maladies chroniques. Des médicaments bon marché, jugés peu rentables.

"On peut constater tout simplement que des laboratoires n’ont peut-être plus intérêt à fabriquer certains médicaments qui ne leur rapportent plus, ou pas assez", dénonce Daniel Bideau, administrateur national et spécialiste des questions de santé au sein de l'UFC-Que Choisir, "alors que des médicaments plus récents sont facturés à des prix beaucoup plus élevés, que ce soit au niveau des anticancéreux, ou que ce soit au niveau d’autres maladies chroniques. Donc c’est vrai que les laboratoires ont tout intérêt à diminuer cette part des médicaments anciens qui sont fabriqués à un coût qui est très bas, plutôt que de faire des médicaments plus récents qu’ils facturent à un coût élevé".

Autre problème, celui d'une délocalisation accrue, concentrée en Chine et en Inde, à l'impact notoire en cas de problèmes d'approvisionnement. L'association en appelle à l'Etat pour renforcer les obligations des laboratoires pharmaceutiques : relocaliser la production, et avoir recours à des sanctions dissuasives.

Au centre Léon Bérard, à Lyon, spécialisé dans la lutte contre le cancer, l'organisation reste le maître-mot pour devancer d'éventuelles ruptures.

"On est relativement peu impactés par ces pénuries qui touchent certains anticancéreux", indique le Professeur Jean-Yves Blay, médecin et directeur du centre Léon Bérard. "Mais assez peu les médicaments qui sont des médicaments hospitaliers. Il va s’agir davantage de médicaments qui sont délivrés en ville et qui peuvent être non disponibles au moment où le patient se présente au pharmacien. On s’est organisés de longue date pour pouvoir avoir des stocks de médicaments qui nous permettent de traiter les patients".

Le Parlement européen doit aussi publier un rapport d'ici la fin de l'année sur le sujet, alors que la Commission devrait adopter une stratégie européenne l'an prochain, pour uniformiser les réglementations des Etats membres et développer une stratégie commune, afin de prévenir les ruptures de stock.