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Les lendemains politiques d’une grève de la faim au Parlement européen

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L'eurodéputé Pierre Larrouturou
L'eurodéputé Pierre Larrouturou   -   Tous droits réservés  Francisco Seco/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Sa grève de la faim terminée, Pierre Larrouturou a perdu 10 kg en 18 jours. Mais l'eurodéputé affirme avoir surtout gagné de nombreux soutiens citoyens et politiques en faveur d'un budget européen plus ambitieux pour climat, la santé et la recherche.

Le Français assure que les lignes bougent. Une taxe sur les transactions financières pour soutenir la relance n'est plus taboue dans les institutions de l’UE. Cette mesure rapporterait 57 milliards d’euros par an, assure Pierre Larrouturou (S&D). Mais en matière de politique fiscale les décisions européennes sont particulièrement complexes car il faut l’unanimité. Pour contourner l’obstacle le Parlement propose de recourir à la coopération renforcée qui rassemblerait une dizaine de pays membres. "Si on avance avec 10 ou 15 pays, on peut avoir peut-être pas 55 milliards (d'euros) la première année mais déjà si on a 30 ou 40 milliards la première année ça va bien aider les hôpitaux et bien aider le climat", insiste le parlementaire.

Pierre Larrouturou a mis fin à son action sur l’insistance des médecins du Parlement européen. Pour ne pas engorger les urgences, l’eurodéputé explique avoir accédé à cette demande. La bataille politique n'est donc pas terminée.

Le parlementaire compte s’employer pour voir le mois prochain les chefs d’Etat et de gouvernement de l'UE valider son projet de taxe sur la spéculation. L'idée d'une éventuelle coopération renforcée entre quelques Etats membres semble progresser dans les couloirs européens. "Dans l'accord interinstitutionnel signé la semaine dernière entre le Parlement et le Conseil, la Commission confirme que oui c'est possible", explique-t-il. Cette ressource permettrait alors soit de rembourser la dette commune des Etats membres participants soit de financer des politiques climatiques ou en faveur de la santé.

Si la voie juridique est dégagée, le chemin politique est cependant encore long. Un projet de taxe européenne sur les transactions financières est déjà sur la table depuis près de 10 ans et il n'a toujours pas vu le jour.