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Recul sur la loi "Sécurité globale" et réforme de la police, le gouvernement veut calmer le jeu

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Pancartes de manifestants, 28 novembre 2020 à Paris
Pancartes de manifestants, 28 novembre 2020 à Paris   -   Tous droits réservés  Francois Mori/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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C'est un recul nécessaire, une stratégie présidentielle et gouvernementale pour apaiser les esprits des Français.

L’article 24 de la proposition de loi "sécurité globale" sera entièrement réécrit, mais pas retiré. Il ne fallait pas complètement désavouer son porte-drapeau, le ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin n'a donc été que recadré par le président Emmanuel Macron et par le chef de la majorité parlementaire Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur.

Entendu, lundi soir, pendant plus de deux heures par la commission des lois de l'assemblée nationale, Gérald Darmanin, a semblé jouer l'apaisement.

Il a reconnu qu'il existait des problèmes structurels dans la police et il a évoqué plusieurs pistes de réformes après les scandales de ces derniers jours : le passage à tabac de Michel Zecler et la violente évacuation des associations de migrants au cœur de Paris.

Il a présenté ses propositions de réforme de la police pour tenter de répondre cette crise qui devront concerner "la formation initiale", l'encadrement, les moyens matériels, la réforme de l'IGPN, et le lien avec la population.

Mais le ministre de l'intérieur reste convaincu du bien-fondé des articles controversés de la loi sécurité globale :

"Ce qui est ma conviction profonde et qui est ce que pense le gouvernement, c'est que nous devons absolument garder ce qui fait la naissance de la protection souhaitée par les parlementaires et le gouvernement, c'est la protection des policiers et des gendarmes dans le cadre des opérations de police. Ils ne sont pas assez protégés, je le répète, je n'ai pas changé de conviction."

"La protection des policiers et la protection de la liberté de la presse ne sont pas en concurrence, mais en complémentarité. Il n'y a pas une victoire de l'un contre l'autre, et il n'y a surtout pas de victoire de l'un sans l'autre."

La pression politique n'avait cessé de monter après un weekend de manifestations qui ont parfois été violentes, notamment à Paris.

Le texte de loi est conspué par la gauche, les journalistes et les défenseurs des libertés publiques. Certains ont même réclamé la démission du ministre de l'Intérieur, mais rien de tel ne se profile. Envers et contre tout, la majorité a réitéré son soutien au "premier flic de France".

Réforme de la police à venir

Après la remise du livre blanc de la sécurité intérieure mi-novembre, Gérald Darmanin avait annoncé que des discussions allaient se poursuivre au premier semestre 2021 avec pour objectif de préparer une loi d'orientation et de programmation (LOPSI) pour 2022.

Ce livre blanc, qui a demandé un an de travail, compte environ 200 propositions concernant le recrutement des policiers, leur formation, leur plan de carrière, mais aussi une nouvelle répartition territoriale entre police et gendarmerie ou des regroupements de structures entre les deux forces.

Plusieurs propositions sont déjà en application comme le nouveau schéma du maintien de l'ordre, ou sont prévues dans le texte de loi "Sécurité globale" comme le développement des polices municipales ou l'encadrement des société privées de sécurité.