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Une première année de mandat bousculée pour Ursula von der Leyen

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Par Jack Parrock
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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen   -   Tous droits réservés  Olivier Hoslet/AP
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La première femme à la présidence de la Commission européenne commençait il y a un an son mandat sur la promesse de relancer le projet européen. "Notre Union s'engage ensemble dans une transformation qui affectera tous les éléments de notre société et de notre économie", annonçait Ursula von der Leyen lors de sa prise de fonction.

Toutefois cette relance politique est à l'arrêt, stoppée par la pandémie de coronavirus. La responsable allemande a fait du pacte vert le porte-étendard de son action et de son mandat. Les différentes stratégies sont actuellement en cours de négociation entre les institutions européennes. Selon Jacob Kirkegaard, analyste au German Marshall Fund, "la pandémie l'a plutôt aidée" jusqu’à maintenant. Mais les dossiers plus difficiles arrivent comme le pacte migratoire, certains éléments de la stratégie climatique ou encore l’agenda numérique. "Ce sont des domaines où elle doit encore s'améliorer", juge Jacob Kirkegaard.

Olivier Matthys/AP
Le début du mandat d’Ursula von der Leyen est marqué du sceau du covid-19Olivier Matthys/AP

Une action dans l'introspection

Ursula von der Leyen s’était engagée à faire une Union européenne tournée vers l'extérieur mais les circonstances rendent cet engagement difficile. "Elle est arrivée avec ce label de Commission géopolitique, et en fait le principal de son activité au cours des neuf derniers mois s'est porté sur les valeurs, sur la défense des valeurs européennes", résume la directrice de New Horizons, Shada Islam. Ces principes démocratiques sont battus en brèche par la Hongrie et la Pologne qui contestent les engagements en faveur de l'Etat de droit. Budapest et Varsovie refusent ainsi d'approuver le budget européen à long terme et le fonds de relance de 750 milliards d'euros.

Dans les couloirs de la Commission, la présidente est accusée de diriger le collège des Commissaires d'une main de fer. Cette façon de mener l’institution du haut vers le bas n’a rien d’étonnant selon Jacob Kirkegaard. "Elle vient de l'Etat membre le plus important et elle est proche politiquement d'Angela Merkel", précise-t-il.

L'arrivée d'un nouveau président à la Maison Blanche devrait donner de l'élan aux relations transatlantiques. Mais cet enthousiasme ne doit pas empêcher la présidente de la Commission de tirer les leçons du mandat de Donald Trump avertit Shada Islam. "Mon inquiétude est qu'Ursula von der Leyen, en ligne avec de nombreux politiciens européens, va une nouvelle fois se blottir dans la zone de confort à l'ombre des Etats-Unis, sans engager de responsabilités européennes" sur la politique de voisinage par exemple ou bien dans les relations avec l’Afrique et la Chine, explique-t-elle.

Après une première année mandant inattendue, il reste maintenant quatre ans à Ursula von der Leyen pour convaincre ses détracteurs.

Journaliste • Grégoire Lory