Bélarus : l'opposition poursuit ses manifestations décentralisées

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Par euronews avec AFP
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Il n’y pas eu de grande marche, ce dimanche au Bélarus, pour le 18e week-end de contestation, mais une multitude de petits rassemblements pour réclamer le départ du président Loukachenko. Trois cent personnes auraient été arrêtés, selon la police.

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L'opposition bélarusse a encore manifesté dimanche dans les rues de Minsk pour réclamer le départ du président Alexandre Loukachenko, privilégiant de nouveau une multitude de petits rassemblements à l'habituelle grande marche dans le centre de la capitale.

Plusieurs dizaines de rassemblements ont été annoncés dans différents quartiers de la ville, selon des médias locaux.

"A Minsk et dans d'autres villes, les manifestants se rassemblent localement en longues colonnes, malgré les quelques arrestations de passants absolument aléatoires", a commenté la chaîne Telegram NEXTA Live, qui coordonne en partie la mobilisation.

Une correspondante de l'AFP sur place a vu les forces de l'ordre disperser des colonnes de 10-15 personnes et a assisté à trois arrestations.

Dans les rues, la police patrouille dans des véhicules banalisés pour repérer des manifestants, qui déploient aussi des éclaireurs et se replient dans les cours des immeubles au besoin.

La police de Minsk a annoncé l'arrestation de quelque 300 personnes dimanche durant les manifestations dans la capitale.

"Je ne comprends pas comment il serait possible d'arrêter (de manifester) alors que les gens ont souffert et continuent de souffrir. Nous ne pouvons pas fermer les yeux", a déclaré à l'AFP Svetlana Onoufrienko, une avocate de 31 ans.

Dans la matinée, des canons à eau ont été mis en place dans le centre de Minsk et la connexion à des réseaux tels que la messagerie Telegram, que les manifestants utilisent pour se coordonner, a été perturbée dans le pays.

L'accès aux places principales, aux stations de métro du centre de Minsk et aux bâtiments gouvernementaux a été bloqué.

"Chaque marche est un rappel que les Biélorusses ne se rendront pas. Nous ne permettrons pas qu'on nous prive de nos droits et qu'on ferme les yeux sur les crimes", a déclaré sur Telegram la cheffe de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, en exil à Vilnius.

L'opposition se réunit en de nombreux petits cortèges - allant de quelques centaines à quelques milliers de personnes - depuis quelques semaines.

La réponse répressive des autorités, qui empêchaient les manifestants de se réunir avec à la clef des centaines d'arrestations, avait rendu très difficile l'organisation des grandes marches réunissant jusqu'à 100 000 personnes depuis mi-août.

Les Bélarusses protestent contre la réélection d'Alexandre Loukachenko, 66 ans, officiellement vainqueur de l'élection présidentielle du 9 août avec plus de 80 % des voix.

Soutenu par Moscou, il refuse de quitter le pouvoir et n'a évoqué que de vagues réformes constitutionnelles pour tenter de calmer la protestation.

Depuis le début du mouvement, au moins quatre personnes sont mortes lors de manifestations ou après leur interpellation, mais d'autres décès suspects laissent présager un bilan plus lourd.

De nombreux manifestants arrêtés ont par ailleurs fait état de tortures durant leur détention et les figures de l'opposition sont soit en prison, soit en exil.

L'UE a imposé des sanctions contre le président Loukachenko et un certain nombre de ses alliés pour avoir falsifié les élections et réprimé les manifestations dans la violence.

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