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Brexit : les heures sont comptées pour trouver un accord entre l’UE et Londres

Le drapeau britannique hissé devant la Commission européenne
Le drapeau britannique hissé devant la Commission européenne   -   Tous droits réservés  Francisco Seco/AP
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L’UE et le Royaume-Uni assurent vouloir un accord et pourtant les positions restent les mêmes. Les deux partenaires essayent depuis plusieurs mois de conclure un traité de libre-échange. Mais le temps presse. La période de transition se termine le 31 décembre. Et sans compromis ce sont les règles de l’Organisation du commerce qui seront de vigueur.

Le ministre britannique, Dominic Raab, assure que son pays souhaite un compromis "mais nous ne sacrifierons pas les principes fondamentaux démocratiques sur la pêche, sur le contrôle de nos lois."

Dans le même temps la Commission européenne a publié ses mesures de contingence. Autrement dit, il s’agit des mesures d’urgence à mettre en œuvre en cas d’échec des discussions. Euronews a interrogé Nicolai von Ondarza, directeur du département de recherche l'Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité et spécialiste du Royaume-Uni et de l'Union européenne.

Euronews :

Mercredi soir, Boris Johnson a partagé un diner de trois heures avec Ursula von der Leyen et tout le monde espérait que cette rencontre déverrouillerait les négociations. Sans succès. Le Premier ministre britannique a fait le déplacement à Bruxelles pour obtenir un accord ou pour convaincre ses concitoyens qu'il faisait de son mieux ?

Nicolai von Ondarza :

Je pense que nous avons atteint le point des négociations où personne ne veut quitter la table. Boris Johnson veut montrer qu'il a tout fait pour obtenir un accord avec l'Union. Il signale à chaque occasion qu'il est intéressé par un accord. Mais il n'a pas bougé sur ses lignes rouges, ni sur le fond ni sur la forme. Pour l'Union cela veut dire qu'il n'y a pas d'accord en vue.

Euronews :

Avant ce déplacement, Boris Johnson expliquait aux députés britanniques que l'UE voulait un droit automatique de punir à l'avenir le Royaume-Uni s'il ne respectait pas les règles européennes. Est-ce vraiment le discours d'un homme qui fait de son mieux pour obtenir un accord ?

Nicolai von Ondarza :

Je pense que c'est un schéma que l'on a vu au cours des 10 dernières années de la part des Premiers ministres britanniques. Ils vont à Bruxelles et montrent qu'ils se battent contre le dragon européen, contre les bureaucrates de Bruxelles, je pense que cela relève beaucoup de la dramaturgie et du théâtre. Nous savons tous que s' il veut un compromis, il peut dire : "j'ai réussi à affaiblir la position européenne, c'est moi qui me suis battu contre ces réglementations". Et s'il n'obtient pas de compromis il peut rester sur son discours : "Bruxelles ne voulait pas faire un pas vers nous. Maintenant le Royaume-Uni doit avancer seul et nous sommes suffisamment forts pour ça". Donc il prépare le terrain pour les deux options, accord ou pas d'accord.

Euronews :

Nous savons depuis longtemps que les exigences européennes et que les rêves des partisans du Brexit sont incompatibles. Nous savons que les conséquences économiques seront plus lourdes pour le Royaume-Uni que pour l'UE. Faut-il aller de mal en pis pour améliorer les choses ?

Nicolai von Ondarza :

Je suis personnellement assez sceptique concernant cette stratégie, qu'il faudrait d'abord un échec avant de parvenir à un accord. Je pense que c'est vraiment la dernière chance d'avoir un Brexit à l'amiable. S'il n'y a pas d'accord, il y aura comme vous l'avez dit, des conséquences très négatives pour le Royaume-Uni. Et nous savons que le gouvernement britannique fera tout pour rejeter la faute de ces conséquences sur l'UE. Selon moi un retour à la table des négociations me parait très difficile. Je pense que si nous n'avons pas d'accord en décembre il faut se préparer à une très longue et difficile période entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.