This content is not available in your region

Ils rendent leur Légion d'Honneur pour protester contre son attribution au président Al-Sissi

Access to the comments Discussion
Par Maxime Biosse Duplan
euronews_icons_loading
Ils rendent leur Légion d'Honneur pour protester contre son attribution au président Al-Sissi
Tous droits réservés  Anadolu

Il est venu rendre sa Légion d'Honneur. Corrado Augias, grand écrivain et journaliste italien, a choisi comme plusieurs autres intellectuels ce geste fort pour protester contre l'attribution de la Légion d'Honneur au président égyptien Al-Sissi.

Comme lui, d'autres Italiens du monde de la culture et de la politique, sont venus à l'ambassade de France à Rome rendre leur prestigieuse décoration.

"L'ambassadeur m'a dit qu'il comprenait mon geste, raconte l'homme de 85 ans à la sortie de l'ambassade, mais qu'il n'y adhérait pas, et que la France resterait toujours parmi les nations qui défendent les droits de l'Homme".

Que dire alors d'Abdel Fattah al-Sissi, le président égyptien, reçu à l'Elysée la semaine dernière, et décoré en catimini de la Grand-croix de la Légion d’honneur, soit le plus haut rang, par Emmanuel Macron ?

Corrado Augias a répondu à nos questions : "La Légion d'honneur est une récompense importante, c'est la raison pour laquelle je ne veux pas la partager avec un chef d'État devenu complice de facto de criminels. La Légion d'honneur a été créée par Napoléon en 1802, quand il était Premier Consul, en reconnaissance des mérites spéciaux d'une personne que ce soit dans le domaine social ou dans le domaine militaire. Donc, selon ces règles, ma question est la suivante : quels sont les mérites spéciaux du président Al-Sissi qui lui permettent d'accéder à cette reconnaissance ?"

Ces criminels dont Corrado Augias parle, ce sont les responsables de la mort de Giulio Regeni, un jeune Italien enlevé au Caire en 2016et retrouvé torturé et mutilé quelques jours plus tard. Rome, qui doit juger quatre Egyptiens dans cette affaire, accuse le président Al-Sissi de faire obstruction à la justice.