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France : les abattages massifs de canards s'accélèrent pour contrer la grippe aviaire

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Un élevage de canards dans les Landes en France
Un élevage de canards dans les Landes en France   -   Tous droits réservés  AFP
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Des mesures radicales pour contrer le virus hautement pathogène de la grippe aviaire. En France, des centaines de milliers de canards vont encore être abattus. C'est la réponse du gouvernement à l'appel des professionnels du foie gras qui parlent d'une situation "hors de contrôle". 400 000 canards ont déjà été abattus depuis fin décembre dans les Landes, département le plus touché avec 119 foyers d'infection .

"Jusqu'à samedi matin, il y avait un lot de canards ici, un autre derrière et voilà. Donc on ouvre la porte, on charge les canards, on les amène au camion, et puis on charge les cages et puis le camion s'en va avec notre revenu, et on se retrouve sans rien" explique Maryline Beyris, éleveuse de canards dans les Landes.

Renforcer les abattages préventifs, réduire la densité de volaille sur les territoires et mettre en place des périodes sans animaux dans les élevages : pour contenir l'épidémie, les producteurs sont prêts à de nombreux sacrifices.

"C'est vrai que les opérateurs économiques aujourd'hui, ont une vision industrielle de la production de foie gras, et veulent l'imposer. On aredémarré**sur les mêmes causes qui ont produit la grippe aviaire de 2016-2017. Donc aujourd'hui, ce qu'on demande c'est que l'Etat arbitre vraiment ces débats et qu'on aille vers du bon sens. Si on continue à mettre beaucoup de canards dans des territoires, si on continue à industrialiser la filière foie gras, on aura les mêmesproblématiques** dans deux ans et peut-être même avant" affirme Christophe Mesplède, vice-president du Modef Landes.

"Aujourd'hui la zone des Landes malheureusement est condamnée à très court terme. L'enjeu est d'éviter que ce virus atteigne les élevages du Béarn et également du Gers", a affirmé sur RTL la directrice de la filière foie gras Cifog, Marie-Pierre Pé.

La filière canard a déjà été durement touchée par la grippe aviaire lors des hivers 2016 et 2017.

Le ministre de l'Agriculture assure que les premières indemnisations seront versées la semaine prochaine portant "sur la valeur marchande des canards".

Ce n'est "pas suffisant", selon la directrice du Cifog, pour qui l'Etat doit aussi indemniser les longs arrêts de production qui se profilent.

"Il faut que toutes les exploitations soient nettoyées, désinfectées et que les analyses montrent qu'il n'y a plus de virus dans l'environnement" avant de réintroduire des canards dans les élevages, a-t-elle rappelé.

"Il sera indispensable de faire très rapidement le point dans les prochains jours afin d'évaluer si cet élargissement à 5 km est suffisant ou s'il faudra aller plus loin", a prévenu dans un communiqué le Cifog, qui demande une nouvelle fois un "renforcement des moyens humains des services de l'État sur le terrain" pour accélérer la lutte contre l'épizootie.

Sources additionnelles • AFP