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Les Européens menaçants avec AstraZeneca, les campagnes de vaccination sont en jeu

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Les Européens menaçants avec AstraZeneca, les campagnes de vaccination sont en jeu
Tous droits réservés  Drago Prvulovic / SCANPIX/ASSOCIATED PRESS
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L'Union européenne fait pression sur le géant pharmaceutique AstraZeneca. Après avoir estimé ne pas avoir reçu d'explication transparente et valable quant au retard de livraisons de vaccins, elle menace d'imposer des contrôles stricts sur les exportations de vaccins produits sur le sol européen. L'entreprise britanno-suédoise devait livrer 80 millions de doses aux Européens au premier trimestre. En annonçant ne pouvoir en livrer que 31 millions de doses, d'ici fin mars, elle a provoqué la colère des 27.

"Les réponses de la société n'ont pas été satisfaisantes jusqu'à présent (...). L'Union européenne souhaite que les doses commandées et pré-financées soient livrées le plus rapidement possible, et nous voulons que notre contrat soit pleinement rempli. En outre, la Commission a proposé aujourd'hui aux 27 États membres du comité directeur de mettre en place dès que possible un mécanisme de transparence pour les exportations" a expliqué Stella Kyriakides, commissaire européenne à la santé lors d'un point presse.

Le vaccin AstraZeneca doit obtenir le feu vert sanitaire européen ce vendredi. Les 27 comptaient sur ce troisième vaccin pour palier aux lenteurs des campagnes vaccinales. En France, à Strasbourg, par exemple, ce centre de vaccination manque de dose, comme l'explique Alexandre Feltz, adjoint au maire de la ville :

"Nous avons donc un potentiel de 2 300 personnes à vacciner par semaine ici au centre de la Salle de la Bourse à Strasbourg et nous allons devoir descendre à 1 500 et on est obligé d'adapter à chaque fois les doses en fonction des rendez-vous, déplacer les gens, étaler les rendez-vous, alors que nous pourrions faire beaucoup plus de vaccinations. Il y a donc un sentiment de frustration, une demande très forte, une organisation qui est présente, fiable, mais qui ne peut pas fonctionner à plein régime car il y a un manque de vaccins".

En outre, l'efficacité des vaccins existants contre les variants du Covid-19 est aussi mise en question. Pfizer-BioNTech et la société de biotechnologie américaine Moderna ont fait savoir que leur vaccin restait efficace contre le variant britannique.

Mais Moderna a annoncé qu'il s'avérait moins protecteur contre le variant sud-africain. Elle a donc décidé de lancer des essais pour tester une dose additionnelle de vaccin spécifiquement contre le variant sud-africain.

Les détails du communiqué de Moderna

Au terme d'essais réalisés à partir de prélèvements de sang sur huit personnes ayant reçu les deux doses du vaccin, et deux primates également immunisés, les experts s'attendent à ce que le vaccin de Moderna, appelé mRNA-1273, "protège contre les variants détectés à cette date", affirme Moderna.

"L'étude n'a pas montré d'impact significatif sur les titres (niveaux, NDLR) d'anticorps neutralisants contre le variant B.1.1.7 par rapport à de précédents variants", a expliqué Moderna à propos du variant britannique.

En revanche, contre le variant sud-africain (B.1.351), "une réduction par six" des niveaux d'anticorps neutralisants --un type spécifique qui s'attache à la fameuse protéine Spike-- a été observée.

"Malgré cette réduction", les niveaux d'anticorps "restent au-dessus de ce qui est attendu comme nécessaire pour procurer une protection", a voulu rassurer Moderna.

"Mais par précaution, (...) nous mettons à l'essai un (vaccin) candidat" contre le variant sud-africain, "pour déterminer s'il serait plus efficace pour augmenter les niveaux (d'anticorps) contre ce variant et d'autres futurs variants potentiels"."Nous pensons qu'il est impératif de rester proactif tandis que le virus évolue" a ajouté le patron de Moderna Stéphane Bancel.

L'entreprise va également tester l'impact de l'injection d'une troisième dose de son vaccin déjà existant.

Les données concernant la réaction face au variant sud-africain peuvent être source d'"inquiétude", a réagi Lawrence Young, chercheur à l'université de Warwick, regrettant un communiqué "vague". "Une réduction par six des titres d'anticorps neutralisants peut avoir des conséquences sur l'efficacité du vaccin et (...) la durée" de la protection, a-t-il estimé.

L'annonce de lundi est "une bonne nouvelle", a au contraire tweeté Akiko Iwasaki, virologue à l'université de Yale, disant s'attendre à ce que d'autres laboratoires développent eux aussi de nouvelles formules contre le variant sud-africain.

C'est quoi un variant ?

Les variants sont des versions différentes du coronavirus initial, qui apparaissent avec le temps sous l'effet de diverses mutations. Un phénomène normal dans la vie d'un virus.

De nombreuses mutations du Sars-CoV-2 ont été observées depuis son apparition, la grande majorité sans conséquence. Certaines peuvent toutefois lui donner un avantage pour sa survie, dont une plus grande transmissibilité.

La mutation observée sur le variant qui a émergé en Afrique du Sud inquiète particulièrement les scientifiques quant à sa possibilité de contourner la protection immunitaire conférée par la vaccination.