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Liban : mourir de faim ou du Covid-19, la colère gronde face à un confinement synonyme de pauvreté

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Liban : mourir de faim ou du Covid-19, la colère gronde face à un confinement synonyme de pauvreté
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C'est un confinement synonyme d'agonie. A Tripoli au Liban, les forces de l'ordre font de nouveau face à des manifestants en colère. Deuxième nuit d'affrontements qui ont fait au moins 45 blessés selon la Croix-Rouge libanaise. Des jeunes ont lancé des cocktails Molotov, d'autres ont tenté de prendre d'assaut le principal bâtiment administratif de la ville. Ailleurs dans le pays, des routes ont été bloquées par des protestataires.

Les autorités libanaises ont prolongé jusqu'au 8 février un confinement strict, décrété au départ jusqu'au 25 janvier, pour enrayer une progression exponentielle des cas de nouveau coronavirus et soulager les hôpitaux saturés. Le confinement s'accompagne d'un couvre-feu permanent et d'une fermeture des commerces. Des exceptions, pour le personnel médical ou les journalistes, et des attestations de sortie sont prévues pour certains déplacements.

Mais dans un pays où l'économie s'est effondrée, la pauvreté et la faim inquiètent beaucoup plus que le virus.

"La douleur a poussés les gens dans la rue. Rien n'a changé, nous voulons changer totalement le système. Ce que nous avons vu aujourd'hui, c'est la douleur du peuple et ce que vous avez vu, c'est notre douleur, la faim et la pauvreté" souligne Rashwan Safwan, un habitant de Tripoli.

En dépit de lourdes amendes, ils sont nombreux à braver quotidiennement les interdits. Car s'ils ne travaillent pas, ils ne mangent pas. 230 000 ménages défavorisés recevraient une aide financière de l'Etat.

D'après l'ONU, plus de la moitié des Libanais vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté et près du quart dans l'extrême pauvreté.

Les autorités sanitaires elles exhortent l'Etat à maintenir la pression alors que les hôpitaux sont submergés. Le pays de six millions d'habitants a recensé jusqu'ici 285.754 cas de Covid-19, dont 2.477 décès.

Dans un Liban frappé depuis plus d'un an par des restrictions inédites sur les retraits bancaires, une dépréciation de la monnaie nationale, des licenciements massifs et des baisses salariales, les retombées sociales du confinement sont désastreuses.

Sans oublier les manquements de la classe politique, inchangée depuis des décennies et accusée de corruption et d'incompétence, qui sont dénoncés par une grande partie de la population.

Sources additionnelles • AFP