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L'interdiction d'avorter en cas de malformation grave du fœtus révolte les femmes polonaises

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Poupées, peluches et peinture rouge dans une manifestation contre la quasi-interdiction d'avorter à Varsovie, 28 janvier 2021
Poupées, peluches et peinture rouge dans une manifestation contre la quasi-interdiction d'avorter à Varsovie, 28 janvier 2021   -   Tous droits réservés  Czarek Sokolowski/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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Les femmes polonaises lancent un appel au monde entier, "sauvez-nous de ce gouvernement sadique"...

L'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l'avortement les plonge dans la terreur. Elles ne sont plus libres de leurs choix qui étaient déjà très limités. Depuis mercredi soir, il est interdit d'interrompre une grossesse en cas de malformation grave du fœtus.

Mais elles ne baisseront pas les bras, les manifestations ne vont pas s'arrêter là comme l'explique Aleksandra, productrice de films :

"Je ne veux pas partir d'ici (de Pologne, ndlr) parce que c'est mon pays et je ne veux pas que quelqu'un, par ses actions, me donne envie de partir. Je vais me battre pour le pays que je veux jusqu'au bout, j'ai l'espoir que les choses changent".

Et Magda Kramer, employée d'une agence de publicité, renchérit :

"Nous avons un bon exemple dont nous pouvons tirer des leçons. En Amérique du Sud (Argentine, ndlr), après des années de lutte pour les droits des femmes, l'avortement a été légalisé. J'espère qu'ici, même si cela ne prendra pas des jours ou des semaines, nous gagnerons ce combat pour notre liberté."

Le nombre d'avortement légal en Pologne est en moyenne d'un peu moins d'un millier par an depuis 1994 et la première loi limitant l'avortement adoptée en 1993.

Que se soit sous des gouvernements de gauche ou de droite, cette loi n'a jamais été remise en cause dans ce pays très catholique.

Le parti ultraconservateur Droit et justice souhaitait supprimer le troisième motif légal d'IVG qui est la malformation grave du fœtus depuis janvier 2018.

Ce motif représentait 98 % des avortements légaux pratiqués dans le pays en 2019.

L'IVG est encore autorisé en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la santé de la mère, mais cela ne représentait que 2 % des avortements en 2019.

L'organisation Federa, qui milite pour le droit à l'avortement, estime que chaque année entre 80 000 et 150 000 femmes polonaises choisissent de mettre un terme à leur grossesse. Un sondage de 2013 a montré que près d'une femme polonaise adulte sur trois avait eu recours à un avortement.