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Déplacement polémique du chef de la diplomatie de l’UE à Moscou

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Par Efi Koutsokosta
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Déplacement polémique du chef de la diplomatie de l’UE à Moscou
Tous droits réservés  JOHN THYS/AFP

La diplomatie européenne s’active sur le dossier russe. Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, se rend à partir de jeudi à Moscou pour rencontrer le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Ce déplacement intervient deux jours à peine après la condamnation par la justice russe de l’opposant Alexeï Navalny à trois ans et demi de prison.

Certains doutent de l’utilité de cette visite pour détendre les relations entre les deux partenaires. "Peu importe ce que la Russie fait ou ne fait pas, personne ne croit que cette relation peut s'améliorer", estime Andrei Kortunov, directeur général du Russian International Affairs Council.

Mais les critiques concernant ce déplacement viennent aussi des Etats membres. Un diplomate européen estime que cette rencontre intervient au mauvais moment. Il parle même de naïveté lorsqu'il s'agit de croire qu’un dialogue sans monnaie d’échange ou sans conditions préalables puisse marcher. Certaines capitales ont demandé à Josep Borrell de reporter sa visite quand d’autres veulent donner du temps à la diplomatie.

Au Parlement européen, le député estonien et ancien ministre des Affaires étrangères Urmas Paet rappelle que la balle est dans le camp de la Russie. Le libéral cite les dossiers de discorde : l’arrestation d’Alexeï Navalny et de ses partisans, l’annexion de la Crimée, les violences de l’Est de l’Ukraine. "Josep Borrell doit être ferme pour représenter les positions claires de l’Union sur toutes ces violations par la Russie du droit international", explique-t-il.

Les intérêts financiers et commerciaux sont au cœur de la problématique. Les experts et les diplomates estiment que l’UE doit en fait trouver un "modus vivendi" avec la Russie qui demeure un voisin stratégique. Or les 27 ont des cartes en main, souligne Marc Franco de l’Institut Egmont. La Russie "a besoin des capitaux occidentaux, des technologies occidentales" pour moderniser et diversifier son économie, explique-t-il. Dans cette bataille géopolitique il est peu probable de voir des solutions venir de Chine. "C’est l’Europe qui peut apporter des investissements", ajoute Marc Franco.

Cette visite fera l’objet d’une discussion lors de la prochaine réunion des 27 ministres des Affaires étrangères où la question d’éventuelles sanctions contre Moscou sera sur la table.

Journaliste • Grégoire Lory