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En péril, les restaurateurs britanniques demandent de la visibilité pour survivre

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Par Euronews
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En péril, les restaurateurs britanniques demandent de la visibilité pour survivre
Tous droits réservés  LINDSEY PARNABY/AFP or licensors
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Des casseroles vides, des couteaux accrochés au mur... Les cuisines des restaurants sont toujours à l'arrêt au Royaume-Uni, près de six semaines après le début d'un troisième confinement national.

La recette pour survivre

Nous sommes allés à la rencontre de Luke Garnsworthy, un gérant de restaurant qui se bat pour survivre. Il n'a qu'une seule recette, pour l'instant : "Il faut une détermination tenace et des poches profondes. Notre entreprise coûte environ 20 000 euros par mois pour rester fermée. Nous recevons environ 5 000 euros par mois de subventions, il manque 15 000 euros."

Par rapport au premier confinement, le soutien de l'État britannique n'est cette fois pas aussi généreux : "Le gouvernement avait tout payé. Nous avons fermé et tout a été pris en charge par l’État, explique Luke Garnsworthy. Là, c'est beaucoup plus difficile. Le gouvernement paye le salaire réel, mais nous devons toujours payer l'assurance, les charges, soit 10 000 euros pour pouvoir continuer à travailler et gagner un peu d'argent."

Il faut une détermination tenace et des poches profondes.
Luke Garnsworthy
Gérant d'un restaurant au Royaume-Uni

Aucune visibilité sur une réouverture

Initialement le troisième confinement devait durer six semaines. Mais l'espoir qu'il s'achève prochainement s'est envolé. Le gouvernement suit l'avis des experts et évite de se prononcer sur une date éventuelle de fin des restrictions. Les professionnels du secteur de l'hôtellerie-restauration demandent de la visibilité :

"Personne ne peut planifier, se désole Kate Nicholls, directrice de "UK Hospitality". Vous ne pouvez pas aller à la banque pour obtenir de l'argent supplémentaire, vous ne pouvez pas aller voir votre propriétaire pour lui demander de vous aider à payer votre loyer, car personne ne sait quand cela va prendre fin. Je peux comprendre l'attentisme des scientifiques, mais on a besoin que le gouvernement nous donne une indication sur une date de réouverture pour mettre fin à l'incertitude et donner aux entreprises une chance de survivre."

Je peux comprendre l'attentisme des scientifiques, mais on a besoin que le gouvernement nous donne une indication sur une date de réouverture pour mettre fin à l'incertitude et donner aux entreprises une chance de survivre.
Kate Nicholls
Directrice de UK Hospitality

Les dettes s'accumulent

"Nous avons prévu d'ouvrir d'avril à septembre, suivant différents modèles, explique Luke Garnsworthy. Avec ma femme, nous sommes partis de zéro il y a cinq ou six ans. On ne va pas abandonner, on va continuer à se battre (...) Mais tous ceux à qui nous devons de l'argent peuvent venir frapper à tout moment. L'année dernière, au début de la pandémie, nous avons emprunté considérablement pour ouvrir notre restaurant. Il n'a jamais vraiment démarré. Et nous devrions les rembourser maintenant. Ils ont été bienveillants jusqu'à présent, mais cela pourrait changer."

Tadhg Enright, correspondant d'euronews : "Ils sont nombreux dans ce secteur à vouloir faire tout leur possible pour maintenir leur commerce en vie. Mais ils n'ont pas toujours les clés en main. Selon une étude menée dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, quatre propriétaires sur dix craignent de faire faillite d'ici le milieu de l'année."

Quatre propriétaires sur dix craignent de faire faillite d'ici le milieu de l'année."