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Birmanie : Joe Biden annonce des sanctions contre les putschistes

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Par Euronews avec AFP
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Birmanie : Joe Biden annonce des sanctions contre les putschistes
Tous droits réservés  Patrick Semansky/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
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Les Birmans descendaient jeudi pour une sixième journée consécutive dans les rues contre le coup d'Etat qui a renversé Aung San Suu Kyi, tandis que Washington a annoncé des sanctions contre la junte.

La peur des représailles est dans tous les esprits, deux jours après l'usage de la force par la police qui a fait plusieurs blessés, dont deux dans un état grave. Une jeune femme a reçu une balle dans la tête et sa situation est critique.

Plus de 200 personnes, dont des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, ont été interpellés depuis le putsch du 1er février, d'après une ONG d'aide aux prisonniers politiques.

Malgré cela, des manifestants commençaient à se rassembler jeudi matin pour exiger la libération des personnes détenues, la fin de la dictature et l'abolition de la constitution de 2008, très favorable à l'armée.

"N'allez pas au bureau !", a scandé un groupe de protestataires devant la banque centrale de Birmanie à Rangoun, la capitale économique, répondant aux appels à "la désobéissance civile" lancés dès les premières heures qui ont suivi le coup d'Etat.

"Nous manifesterons jusqu'à ce qu'Aung San Suu Kyi (ex-cheffe de facto du gouvernement civil) et Win Myint (ex-président de la République) soient libérés", a déclaré à l'AFP un employé de la banque. Des rassemblements se tenaient dans plusieurs autres villes du pays, comme à Mandalay (centre).

"Libération immédiate"

L'escalade de la violence contre les manifestants a été condamnée à l'international.

Le président américain Joe Biden a annoncé mercredi que son administration réduisait l'accès des généraux birmans à 1 milliard de dollars de fonds aux Etats-Unis et allait dévoiler de nouvelles sanctions dans la semaine. La Birmanie est son premier dossier diplomatique majeur depuis son élection.

"J'appelle une nouvelle fois l'armée à libérer immédiatement tous les dirigeants politiques élus démocratiquement et les activistes"
Joe Biden
Président des Etats-Unis

L'Union européenne pourrait aussi prendre de nouvelles sanctions, a averti Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne.

Elles pourraient viser le chef de l'armée Min Aung Hlaing, auteur du putsch, et d'autres généraux. Ils font déjà l'objet de mesures de rétorsions depuis les exactions des militaires contre la minorité musulmane rohingya en 2017.

Les puissants conglomérats contrôlés par l'armée pourraient être également ciblés, les sanctions les visant ayant été levées pendant la fragile parenthèse démocratique de 10 ans, refermée brutalement par le coup d'Etat.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU va tenir vendredi une session extraordinaire sur les événements. La position de Pékin et de Moscou, soutiens traditionnels de l'armée birmane aux Nations unies, sera scrutée de près.

Depuis le 6 février, les Birmans descendent par centaines de milliers dans les rues.

Ce vent de contestation est inédit depuis le soulèvement populaire de 2007, la "Révolution de safran" menée par les moines et violemment réprimée par les militaires.

Mais les foules étaient moins importantes ces derniers jours. Les autorités ont interdit depuis lundi soir les rassemblements de plus de cinq personnes à Rangoun, Napypidaw, la capitale administrative, et dans d'autres villes, et ont décrété un couvre-feu.

Nouvelles arrestations

Le risque de répression est réel dans le pays qui a déjà vécu près de 50 ans sous le joug des militaires depuis son indépendance en 1948.

De nouvelles arrestations ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi, dont celle du vice-président de la chambre basse du parlement et d'un proche d'Aung San Suu Kyi.

Les militaires avaient déjà porté un nouveau coup à la LND en menant un raid mardi soir contre les locaux de la formation à Rangoun.

"Ils ne peuvent pas voler l'espoir et la détermination d'un peuple"
Tom Andrews
Rapporteur spécial des Nations unies pour la Birmanie

L'armée conteste la régularité des législatives de novembre, remportées massivement par la LND même si des observateurs internationaux n'ont pas constaté de problèmes majeurs.

En réalité, les généraux craignaient de voir leur influence diminuer après la victoire d'Aung San Suu Kyi, qui aurait pu vouloir modifier la Constitution.

Très critiquée il y a encore peu par la communauté internationale pour sa passivité lors des exactions contre les rohingyas, la prix Nobel de la paix, en résidence surveillée pendant 15 ans pour son opposition à la junte, reste adulée dans son pays.

Elle serait "en bonne santé", assignée à résidence à Naypyidaw, d'après son parti.