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Irak : des tirs de roquettes visent une base militaire abritant des soldats américains

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Par euronews avec AFP
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Irak : des tirs de roquettes visent une base militaire abritant des soldats américains
Tous droits réservés  Hadi Mizban/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
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Une concession automobile défigurée, par des tirs des roquettes. Dommage collatéral d'une attaque qui semblait surtout viser l'aéroport d'Erbil, situé non loin de là. Trois roquettes ont été tirées vers la capitale du Kurdistan irakien lundi soir. Deux ont atterri dans une zone résidentielle, tandis que la troisième a atteint une base aérienne où sont stationnés des forces de la coalition internationale menée par les États-Unis.

Un employé civil dont la nationalité n'était pas confirmée a été tué et cinq autres personnes ont été blessées, dont un soldat américain. Une attaque revendiquée par un groupe peu connu qui se fait appeler Saraya Awliya al-Dam ("Gardiens du sang") et qui dit combattre l'"occupation américaine".

Les Etats-Unis ont appelé à une enquête sur l'attaque et à la poursuite de ses auteurs. "Nous sommes indignés par l'attaque aux roquettes d'aujourd'hui dans la région irakienne du Kurdistan", a fait savoir le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans une déclaration. "J'ai contacté le Premier ministre du gouvernement régional kurde Masrour Barzani pour parler de l'incident et je l'ai assuré de tout notre soutien pour enquêter et demander des comptes aux responsables", a-t-il ajouté.

Le président irakien Barham Saleh a déclaré sur Twitter que l'attaque était "un acte terroriste criminel" et constituait "une escalade dangereuse" pour la sécurité dans la région. Le Premier ministre de la région autonome du Kurdistan Masrour Barzani a quant à lui condamné l'attaque "dans les termes les plus fermes".

Deux sources dans le domaine du renseignement ont précisé à l'AFP que les roquettes avaient été lancées depuis l'intérieur de la région autonome. Et un officier américain a précisé que les projectiles étaient des roquettes de 107 millimètres qui avaient été tirées à une distance de huit kilomètres à l'ouest d'Erbil.

C'est la première fois depuis près de deux mois que des tirs prennent pour cible des installations militaires ou diplomatiques occidentales en Irak. Malgré le retrait progressif des troupes étrangères engagées avec les troupes irakiennes contre le groupe djihadiste Etat islamique, les attaques contre des installations militaires et diplomatiques occidentales s'étaient multipliées en Irak depuis l'automne 2019, mais elles se déroulaient jusque là surtout à Bagdad.

Washington avait menacé en octobre de fermer son ambassade si ces attaques ne cessaient pas. Après quoi plusieurs factions irakiennes pro-Iran ont accepté une trêve négociée sous l'égide du gouvernement irakien. Les tirs de roquettes se sont quasiment arrêtés. Mais il y a néanmoins eu plusieurs violations, la plus récente avant l'attaque de lundi soir à Erbil ayant été le tir de plusieurs roquettes contre l'ambassade américaine fin décembre.

Les tirs de lundi se sont produits dans un contexte de tensions croissantes dans le nord de l'Irak, où la Turquie voisine mène des combats intenses contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qualifié de "terroriste" par Ankara.

La Turquie mène régulièrement des attaques dans les zones montagneuses du nord de l'Irak contre les bases arrières du PKK, qui livre depuis 1984 une sanglante guérilla sur le sol turc ayant fait plus de 40 000 morts.