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Birmanie : un combat pour la démocratie parti pour durer malgré les craintes de violente répression

Par euronews
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Birmanie : un combat pour la démocratie parti pour durer malgré les craintes de violente répression
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Malgré la répression, ils ne lâchent rien. Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies dans plusieurs grandes villes en Birmanie ce mercredi pour dire encore une fois non au coup d'État militaire.

Vivre à nouveau sous une dictature militaire, jamais, disent-ils. Des milliers de Birmans sont descendus dans les rues du pays mercredi, et notamment devant la célèbre pagode Sule à Rangoun, pour dire de nouveau non au coup d'Etat du 1er février, qui a conduit l'armée à reprendre le pouvoir en Birmanie. Les manifestations, qui durent depuis deux semaines, sont désormais quotidiennes.

Dans la capitale Naypyidaw, des rues bondées ont été prises en photo par satellite, malgré la répression. A Mandalay, un message inscrit sur la route et observable depuis le ciel : "Nous voulons la démocratie".

Une fragile démocratie qui n'en était qu'à ses débuts, après 10 ans de progressive transition. Une fragile démocratie que ces manifestants jugent désormais menacée par le coup d'Etat de l'armée. Car en face, tout est permis pour tenter de réduire au silence les contestataires : interdiction des rassemblements, coupures à répétition d'internet surtout avant le début des manifestations, pour tenter d'empêcher toute organisation via les réseaux sociaux, interpellations nocturnes, renforcement de l'arsenal législatif...

Les perquisitions sans mandat et les placements en détention pour une courte période sans le feu vert d'un juge sont désormais autorisées. Plus de 450 personnes ont été arrêtées depuis le 1er février, et une très grande partie serait encore en détention. Le rapporteur des Nations Unies Tom Andrews craint désormais un regain de violences, après avoir été informé de l'envoi de soldats.

Malgré la condamnation des Occidentaux et l'annonce de sanctions par Washington, la junte militaire fait la sourde oreille. Mardi elle a de nouveau inculpée Aung San Suu Kyi pour des motifs obscurs, officiellement pour "avoir violé une loi sur la gestion des catastrophes naturelles". Le général Zaw Min Tun, vice-ministre de l'information, assure qu'Aung San Suu Kyi est en bonne santé, qu'elle reste assignée à résidence "dans le respect de la loi."

Combat pour la démocratie

Mais qu'en est-il alors du respect du vote ? La Ligue nationale pour la démocratie, le parti d'Aung San Suu Kyi, a très largement remporté les dernières élections. L'armée assure qu'il y a eu "d'énormes" fraudes. Or, les observateurs indépendants n’avaient pas décelé de problèmes majeurs lors du scrutin. En réalité, celle qui était chef du gouvernement de facto semblait surtout représenter une menace pour l'influence de l'armée, que la Constitution permet.

Face à ce risque de retour en arrière, les appels à la désobéissance civile se poursuivent. Médecins, enseignants, étudiants, contrôleurs aériens, cheminots, ou encore des moines bouddhistes ont rejoint un large mouvement qui englobe plusieurs couches de la population. Et pourtant, le souvenir des soulèvements de 1988 et 2007, réprimés dans le sang, sont dans les esprits. Mais les Birmans veulent croire davantage aux bénéfices de leur action plutôt qu'aux risques.