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Ouïghours : la France dénonce un "système de surveillance et de répression institutionnalisé"

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Par Julien Pavy avec AFP
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Une manifestation de soutien aux Ouïghours en octobre 2020 à Washington
Une manifestation de soutien aux Ouïghours en octobre 2020 à Washington   -   Tous droits réservés  Jacquelyn Martin/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Le sort de la minorité musulmane des Ouïghours en Chine continue de préoccuper la communauté internationale qui multiplie les condamnations à l'égard de Pékin.

La France condamne la Chine

Devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a réitéré les vives inquiétudes de Paris : "De la région chinoise du Xinjiang nous parviennent des témoignages et des documents concordants qui font état de pratiques injustifiables à l'encontre des Ouïghours et d'un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle."

De la région chinoise du Xinjiang nous parviennent des témoignages et des documents concordants qui font état de pratiques injustifiables à l'encontre des Ouïghours.
Jean-Yves Le Drian
ministre français des Affaires étrangères

Pour le Canada, un "génocide"

La veille, le Parlement canadien avait adopté une motion reconnaissant un "génocide" contre la communauté ouïghour, tandis que l'organisation Human Rights Watch dénonçait dans un rapport l'intensification de la répression contre la minorité musulmane, suscitant la colère de Pékin : "Cette ONG a toujours été pleine de préjugés à l'égard de la Chine et à souvent diffusé de fausses informations, souligne le porte-parole de la diplomatie chinoise qui en a profité pour louer le développement socio-économique de la région et le retour à la sécurité, après des années de terrorisme.

La répression s'est intensifiée selon HRW

Mais le rapport de Human Rights Watch dresse un tableau beaucoup plus sombre. Selon l'ONG, au moins 250 000 personnes ont été condamnées et incarcérées entre 2016 et 2019 dans la région autonome du Xinjiang, qui abrite environ 25 millions d'habitants, dont une majorité de musulmans.

D'autres rapports, notamment de l'ONU, font état également de l'incarcération de plus d'un million de Ouïghours dans des camps de déradicalisation en Chine, où les membres de la minorité seraient soumis un "lavage de cerveau" et à des tortures. Démenti formel de Pékin qui parle, images à l'appui, de "centres de formation professionnelle" destinés à lutter contre la radicalisation islamiste.