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Napoleon Bonaparte condamné pour corruption en Indonésie

Napoleon Bonaparte lors de son procès à Jakarta, en Indonésie, le 10 mars 2021
Napoleon Bonaparte lors de son procès à Jakarta, en Indonésie, le 10 mars 2021   -   Tous droits réservés  TEBE/AFP
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Alors que la France se prépare à fêter le bicentenaire de sa mort, Napoléon Bonaparte fait parler de lui... en Indonésie. Mais écartons d'une traite la possibilité qu'il puisse s'agir de la même personne, puisque l'empereur français est mort le 5 mai 1821.

Le Napoléon Bonaparte dont il est question dans ce pays d'Asie du Sud-Est, est un ancien policier de haut rang, dont les parents devaient nourrir une affection toute particulière pour l'illustre enfant d'Ajaccio en Corse.

Notre homme, affublé de l'impérial patronyme, est passé à la postérité pour une sombre affaire de corruption. Napoleon Bonaparte – sans accent – a été, en effet, condamné ce mercredi à quatre ans de prison par la justice indonésienne pour avoir accepté plusieurs pots-de-vin.

Des magistrats du tribunal de Djakarta chargé des affaires de corruption ont ainsi jugé coupable ce policier ayant le grade de "général" pour avoir reçu respectivement 370 000 dollars et 200 000 dollars singapouriens (soit un total de plus de 350 000 euros) d'un fugitif, à l'issue de son procès retransmis en ligne.

Napoleon Bonaparte avait en contrepartie annulé une "notice rouge" d'Interpol, qui alertait les autorités sur le fait que ce fugitif indonésien, Djoko Soegiarto Tjandra, était recherché pour le détournement de fonds de la Bank Bali.

Cette manipulation lui avait permis de retourner en Indonésie après une cavale de onze ans.

L'homme d'affaires indonésien recherché a finalement été arrêté en Malaisie en juillet dernier.

Napoleon Bonaparte a rejeté ces accusations jusqu'au bout : "J'en ai assez de ces humiliations qui durent depuis juillet de l'année dernière. Je préfère mourir plutôt que d'accepter cette humiliation pour ma famille", a-t-il déclaré après la sentence, en ajoutant qu'il avait intention de faire appel.

En plus d'une peine d'emprisonnement, Napoleon Bonaparte a été condamné à payer une amende de 100 millions de roupies indonésiennes, soit plus de 5 820 euros.

Le haut responsable a été démis de ses fonctions de chef de la division des relations internationales de la police indonésienne. Mais il garde son rang de "général".

Un autre haut responsable de la police indonésienne, le général Prasetijo Utomo, a aussi été jugé coupable d'avoir accepté un pot-de-vin, de 100 000 dollars, du même fugitif.

L'Indonésie connaît de nombreuses affaires de corruption impliquant aussi bien les milieux d'affaires que les autorités et a du mal à se défaire de l'héritage du dictateur Suharto, au pouvoir de 1967 à 1998, et soupçonné d'avoir détourné des milliards d'euros d'argent public.