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Breonna Taylor : un an après sa mort, ses proches réclament justice

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Par Euronews avec AFP
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Breonna Taylor, une jeune femme noire, a été abattue dans son appartement par des policiers de Louisville le 13 mars 2020.
Breonna Taylor, une jeune femme noire, a été abattue dans son appartement par des policiers de Louisville le 13 mars 2020.   -   Tous droits réservés  (Timothy D. Easley/The Associated Press)
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Des appels à la justice et à réformer la police américaine ont résonné samedi aux Etats-Unis, un an après la mort de Breonna Taylor, une jeune femme noire abattue dans son appartement par des policiers de Louisville.

Des centaines de manifestants se sont réunis dans cette ville du Kentucky (centre-est) à l'appel de ses proches pour marquer ce premier anniversaire. "On n'en a pas fini, il faut continuer à avancer", leur a lancé le compagnon de la jeune femme Kenneth Walker, qui fut témoin du drame.

Le 13 mars 2020, des policiers ont fait irruption en pleine nuit au domicile de Breonna Taylor, une aide-soignante de 26 ans, dans le cadre d'une enquête pour trafic de stupéfiants visant un ex-petit ami.

Son ami d'alors Kenneth Walker a cru qu'il s'agissait de cambrioleurs et a tiré un coup de feu avec une arme détenue légalement. Trois agents ont riposté et Breonna Taylor a reçu une vingtaine de balles.

Les policiers étaient munis d'un mandat dit "no knock", les autorisant à enfoncer la porte sans avertissement. Ils assurent s'être tout de même annoncés, ce que conteste M. Walker.

Fin septembre, la justice du Kentucky a annoncé qu'ils ne seraient pas poursuivis pour la mort de la jeune femme. Seul l'un d'eux a été inculpé pour avoir mis en danger les voisins de Mme Taylor, une décision jugée "insultante et scandaleuse" par sa famille.

Les espoirs de ses proches résident désormais dans la justice fédérale qui a ouvert une enquête en mai 2020. "Le FBI de Louisville reste résolu à la mener à terme jusqu'à une conclusion appropriée", a assuré samedi son responsable, Robert Brown, en faisant état, dans un communiqué, "de progrès importants".

"Ça aurait pu être moi"

De son côté, le président démocrate Joe Biden a déploré une "mort tragique" et souligné l'importance d'un vaste projet de réforme de la police, adopté à la Chambre des représentants mais en souffrance au Sénat, où les républicains disposent d'une minorité de blocage.

"Nous devons maintenir la pression pour adopter cette réforme importante de la police au Congrès, je reste déterminée à la signer", a-t-il tweeté, alors que la foule se mettait en marche dans les rues de Louisville.

Dans le cortège se trouvait Camille Bascus, une Afro-Américaine de 50 ans, venue exprès d'Atlanta "pour représenter ceux qui n'ont plus de voix car leur cœur a arrêté de battre".

"Ça aurait pu être moi, ça aurait pu être n'importe qui dans ma famille", a-t-elle dit à l'AFP, la voix étranglée par l'émotion. "Ça fait un an, et la justice n'a toujours pas été rendue", a-t-elle regretté.

La mort de Breonna Taylor n'avait pas attiré beaucoup d'attention dans un premier temps, mais elle est revenue sur le devant de la scène dans le cadre des grandes manifestations antiracistes qui ont agité les Etats-Unis après la mort de George Floyd, un quadragénaire noir étouffé par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

Pour mettre un terme à une plainte de la famille au civil, la mairie de Louisville a accepté de verser douze millions de dollars à la famille de Breonna Taylor et d'engager de premières réformes de sa police.