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La course vers l'après-Angela Merkel se complique pour les conservateurs

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Armin Laschet, président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) le 15 mars 2021.
Armin Laschet, président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) le 15 mars 2021.   -   Tous droits réservés  (Michael Sohn/The Associated Press)
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Réagir vite pour renverser la tendance : les conservateurs allemands de la chancelière Angela Merkel sont au pied du mur après une sévère défaite dans deux scrutins locaux qui ébranle leur stratégie en vue des législatives de septembre.

Le pire score de leur histoire

L'Union chrétienne-démocrate (CDU), qui espérait il y a quelques semaines encore survoler l'année électorale jusqu'aux élections législatives, a reçu dimanche un brutal avertissement.

Le vote pour renouveler les parlements régionaux du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat, dans le sud-ouest de l'Allemagne, a offert aux conservateurs le pire score de leur histoire.

La CDU ne recueille dans le Bade-Wurtemberg que 24,1% des suffrages contre 27% il y a cinq ans, tandis qu'en Rhénanie-Palatinat, elle atteint 27,7%, contre 31,8% en 2016.

Le patron des conservateurs Armin Laschet doit livrer lundi en milieu de journée des premiers commentaires sur cette sanction électorale qualifiée de "débâcle" par le Spiegel et de "désastre" par Die Zeit.

C'est "un signal d'alarme", a reconnu Markus Blume, le secrétaire général de la CSU, jumeau bavarois de la CDU. Si le camp conservateur veut rester au pouvoir lorsque Mme Merkel tirera sa révérence après 16 ans de pouvoir, il doit de toute urgence "regagner la confiance", a-t-il ajouté.

Le ciel s'est assombri avec les premiers couacs de la campagne de vaccination contre le coronavirus: après un démarrage en fanfare, le déploiement des injections semble piétiner, un peu plus de 7% de la population seulement ayant reçu une première dose.

Berlin et les régions se renvoient la responsabilité d'un résultat peu flatteur, mis sur le compte de doses en nombre insuffisant, de canaux de distribution complexes et bureaucratiques. Le recours aux cabinets médicaux pour accélérer le rythme ne devrait pas être généralisé avant mi-avril, alimentant l'impatience.

L'Allemagne est également encore loin de pouvoir proposer un dépistage massif nécessaire pour accompagner la levée progressive des restrictions en place, pour certaines, depuis début novembre avec fermeture des commerces non essentiels, des secteurs de la gastronomie, de la culture, des sports et des loisirs.

"Toboggan"

Puis en une semaine, trois députés de la CDU et de la CSU ont dû jeter l'éponge, rattrapés par des soupçons de corruption. Au début de la pandémie, alors que l'Allemagne cherchait désespérément à se procurer des masques de protection, deux d'entre eux auraient touché des commissions pour servir d'intermédiaires entre fabricants et pouvoirs publics.

Un troisième élu est soupçonné d'avoir fait campagne pour l'Azerbaïdjan en échange d'argent.

"Ça ne peut pas continuer comme ça, ça devrait apparaître clairement à la CDU après cette journée d'élections", écrit le Spiegel qui se demande "jusqu'où le toboggan va entraîner le parti" de la chancelière.

Pour l'hebdomadaire, il est urgent que les conservateurs accélèrent leur calendrier qui prévoit de désigner d'ici fin mai le candidat devant porter les couleurs de la CDU/CSU aux élections législatives.

Armin Laschet, fraîchement élu à la tête de la CDU, espère convaincre qu'il est le mieux placé mais le patron de la Bavière Markus Söder (CSU) le devance dans les sondages.

"Armin Laschet doit se forger un nouveau rôle public", abonde le quodidien Die Welt.

Quant à Markus Söder, qui entretient le suspense sur ses intentions, il doit dire clairement s'il vise la candidature, préconise le quotidien économique Handelsblatt.

Verts "pragmatiques"

Le risque pour le parti d'Angela Merkel, actuellement au pouvoir avec les sociaux-démocrates (SPD), est de ne plus paraître incontournable pour former le prochain gouvernement, soulignent les observateurs.

Les deux scrutins de dimanche ont "montré que former un gouvernement sans la CDU est possible en Allemagne", a jubilé dimanche soir Olaf Scholz, ministre des Finances et candidat SPD à la chancellerie.

La CDU et la CSU sont retombés entre 30 et 33% d'intentions de vote, leur niveau d'avant la pandémie, devançant les écologistes qui visent une entrée au prochain gouvernement.

Si leur duo de leaders, Robert Habeck et Annalena Baerbock, n'excluent pas de s'allier avec les conservateurs, ils agitent également l'idée d'une coalition à trois avec les sociaux-démocrates et les libéraux du FDP.

"La stratégie à long terme et le pragmatisme, c'est la mission des Verts à partir de cette soirée d'élection", a prévenu M. Habeck.