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Réduire nos émissions avant de planter des arbres pour les compenser

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Dans cette édition de Climate Now, nous évoquons les dernières données climatiques du Service Copernicus concernant le changement climatique pour le mois de février 2021 et voyons si planter des arbres est une solution viable pour séquestrer le CO2 présent dans l'atmosphère.

Au niveau mondial, février 2021 n'a pas été selon les dernières données de Copernicus, aussi chaud que les mois similaires des cinq dernières années : les températures ont augmenté de moins de 0,1°C par rapport à la moyenne de la nouvelle période de référence 1991-2020.

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Hausse de moins de 0,1°C des températures à l'échelle mondiale en février 2021euronews

​Pour autant, dans le détail, février a été très inhabituel.

Dans les régions du centre et du sud des États-Unis, il a fait beaucoup plus froid que la moyenne, les conditions météo de l'Arctique étant descendues jusqu'au Texas.

Il a fait aussi beaucoup plus froid en Sibérie, mais plus chaud au Groenland.

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Anomalies de température dans le monde en février 2021Copernicus

Au cœur de l'Europe, on a assisté à un basculement d'un froid soutenu à une étonnante douceur le mois dernier.

Ainsi, la ville de Göttingen en Allemagne a battu un nouveau record en passant de près de -24°C le 14 février à +18°C moins d'une semaine plus tard.

Ce type d'évolution brutale est-il un signe du changement climatique ? Nous avons posé la question à la professeure Daniela Domeisen de l'ETH de Zürich (École polytechnique fédérale) en Suisse.

"Ces fluctuations ne sont probablement pas le changement climatique lui-même," précise la professeure de prédictibilité atmosphérique. "Le froid présent début février était principalement dû au vortex polaire et quand son influence s'est dissipée, nous sommes revenus à des températures normales et même supérieures à la moyenne," explique-t-elle avant d'ajouter : "Ce qui est vraiment l'illustration du changement climatique."

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Anomalie de température en février 2021 : - 24°C relevés à Göttingen (Allemagne)Copernicus

Les arbres sont nos alliés pour séquestrer le CO2...

Ce mois-ci, l'Union européenne a dit qu'elle prévoyait de planter trois milliards d'arbres supplémentaires d'ici 2030. Son objectif, c'est de favoriser la biodiversité, mais planter des arbres est-ce un moyen efficace de lutter contre le changement climatique ? Nous nous sommes rendus en Italie pour le savoir.

Près de Crémone, en cette journée ensoleillée, ces arbres sortent tout juste de leur torpeur hivernale. À partir de maintenant et jusqu'à l'automne, ils vont absorber le CO2 de l'atmosphère jour après jour comme nous l'explique Diego Florian, directeur du Forest Stewardship Council Italie (FSC).

"Quelque chose de magique se produit dans cette petite feuille," fait-il remarquer. "Grâce à la lumière du soleil et au dioxyde de carbone de l'air, l'arbre transforme le CO2 en bois et il pousse," dit-il.

La quantité de carbone stockée dans un arbre peut être calculée relativement facilement comme nous le montre à l'aide de plusieurs règles, Fabrizio Malaggi, gestionnaire de parc (Parco Oglio Sud). Un seul arbre de taille moyenne renferme environ une tonne de carbone.

Dans ce cas, combien d'arbres faudrait-il planter en théorie pour compenser nos émissions de CO2 ?

"On sait qu'en moyenne, un citoyen européen émet entre 5 et 7 tonnes de CO2 par an, donc théoriquement, pour compenser l'impact d'un citoyen, il faut entre 5 et 7 arbres," précise-t-il.

Mais ce n'est pas "le point de départ"​

Mais toutes les forêts n'ont pas les mêmes capacités d'absorption du CO2. Cela dépend de l'essence des arbres, de leur environnement et de la manière dont la forêt est gérée.

Les jeunes plantations commerciales représentent des puits de carbone intéressants selon l'expert Mauro Masiero, professeur assistant en politique forestière à l'Université de Padoue.

"La plantation où nous nous trouvons [ndlr : appartenant à l'entreprise certifiée FSC Panguaneta] peut contribuer à la séquestration du carbone," affirme-t-il. "Puisqu'elle produit du bois qui sera utilisé pour des produits durables, elle stockera du carbone dans ces produits, dans cette biomasse," indique-t-il. "Jusqu'à ce que les arbres soient coupés à l'âge de 12 ans, elle séquestrera du carbone qui sinon, se serait trouvé dans l'atmosphère," déclare-t-il.

​Ainsi, grâce à des forêts et zones humides bien gérées, on peut espérer stocker du carbone pendant de nombreuses décennies.

Mais selon les experts, il faut établir correctement nos priorités : d'abord stopper la déforestation, valoriser les forêts existantes et trouver comment réduire nos émissions plutôt que de dépendre de la plantation de nouveaux arbres.

"Il ne s'agit pas de planter des arbres pour nous aider à paraître plus verts," fait remarquer Diego Florian, directeur de FSC Italie. "D'un point de vue industriel tout d'abord, nous devons nous efforcer de réduire le plus possible nos émissions grâce à des technologies innovantes ou en adoptant des normes moins polluantes et plus performantes," affirme-t-il. "Par la suite, nous pouvons nous occuper de compenser les émissions que nous ne pouvons pas réduire, mais il ne faut pas que ce soit le point de départ," insiste-t-il.

Journaliste • Jeremy Wilks