This content is not available in your region

Un confinement qui ne dit pas son nom, annoncé par Jean Castex dans 16 départements français

Access to the comments Discussion
Par Joël Chatreau
euronews_icons_loading
Photo d'illustration : le Premier ministre français Jean Castex à Paris, le 25 février 2021
Photo d'illustration : le Premier ministre français Jean Castex à Paris, le 25 février 2021   -   Tous droits réservés  Stephane de Sakutin/AP

La troisième vague de Covid-19 qui monte dangereusement surtout en région parisienne et dans le nord de la France coûte à environ 18 millions de leurs habitants la semi-liberté qu'ils avaient regagnée peu à peu. Les personnes qui résident à Paris, en Île-de-France dans son ensemble, et dans la région des Hauts-de-France, doivent se reconfiner pour un mois dès ce vendredi 19 mars à minuit.

C'est le Premier ministre Jean Castex, habitué à ce genre de corvée, qui a été chargé de les "assommer" jeudi soir. Se gardant bien de prononcer le mot "confinement", il a préféré parler de "mesures de freinage massives" du coronavirus dans exactement 16 départements ; en plus des huit départements de l'Île-de-France et des cinq des Hauts-de-France, elles concernent les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l’Eure.

Pas de sortie à plus de 10 km de la maison

Les commerces et rayons des grandes surfaces qui ne sont pas dans la liste de ceux "vendant des biens et des services de première nécessité" vont être obligés de fermer dans les 16 départements en question, a indiqué Jean Castex. Il a toutefois précisé que les librairies et disquaires pourront rester ouverts, étant désormais considérés "de première nécessité".

Quant aux sorties, elles seront limitées à "10 kilomètres autour de chez soi", avec une attestation obligatoire. Les déplacements entre deux régions seront "interdits", sauf motifs impérieux ou professionnels, précisent les autorités.

Toujours dans les 16 départements ciblés, les écoles primaires, les collèges et les lycées vont tout de même rester ouverts. Et l'éducation physique et sportive des élèves va pouvoir reprendre normalement, ainsi que les activités sportives extra-scolaires en plein air, pour les mineurs.

La seule bonne nouvelle - toute relative - pour l'ensemble des Français de la métropole, c'est un nouvel horaire pour le couvre-feu : à compter de samedi, il va être repoussé d'une heure, commençant à 19H au lieu de 18H ; il s'agit notamment de tenir compte du passage à l'heure d'été.

23% de contaminations en plus en une semaine

Le président français Emmanuel Macron avait freiné le plus possible pour éviter les mesures strictes finalement annoncées, mais la situation sanitaire n'était plus tenable. Ce qu'il avait reconnu mercredi dernier lors d'une visioconférence organisée pour les élus des régions concernées :

On est, soyons clairs, dans une troisième vague largement due à la montée de ce fameux variant anglais. La situation est clairement critique. Ça va taper très dur jusqu'à la mi-avril
Emmanuel Macron

"La progression de l'épidémie s'accélère nettement", a également convenu Jean Castex. 38 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés mercredi, 35 000 jeudi et les contaminations supplémentaires sont en augmentation de 23,6 % en une semaine, selon les experts.

AstraZeneca de retour dans la course au vaccin

Pour tenter de ralentir cette troisième vague, le sérum AstraZeneca fait son retour dans la campagne de vaccination française après une brève suspension, l'Agence européenne du médicament l'ayant jugé "sûr et efficace". "Pas question de perdre des doses", a prévenu le chef du gouvernement ; "Si certains les refusent, elles seront réallouées à d'autres", a-t-il tranché.

Pour rassurer un peu la population, Jean Castex, âgé de 55 ans, a montré l'exemple en se faisant lui-même vacciner avec le sérum anglo-suédois. Il a reçu sa première dose à l'hôpital Bégin de Saint-Mandé, près de Paris.