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Covid-19 : écoles fermées et confinement partiel étendu à toute la France

Par Vincent Coste avec AFP
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Le discours du président français, Emmanuel Macron, vu depuis le salon d'une maison à Ascain, dans le sud-ouest de la France, le 31 mars 2021
Le discours du président français, Emmanuel Macron, vu depuis le salon d'une maison à Ascain, dans le sud-ouest de la France, le 31 mars 2021   -   Tous droits réservés  Bob Edme/AP Photo
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Pas de nouveau confinement strict en France. Mais, ce mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé aux Français que les restrictions déjà en vigueur dans 19 départements vont être étendues à toute la France, "pendant quatre et semaines à partir de samedi" pour endiguer la troisième vague de l'épidémie de Covid-19.

De plus, le président français a annoncé que les crèches et écoles seront fermées pendant 3 semaines, les collèges et lycées pendant 4 semaines avec mise en place de l'enseignement à distance hors période de vacances.

Les vacances scolaires de printemps, qui durent deux semaines, sont unifiées sur tout le territoire français à partir du 12 avril.

Revoir l'allocution du président Français :

Le détail des annonces d'Emmanuel Macron

Les restrictions en vigueur depuis la mi-mars dans 19 départements seront donc étendues à l'ensemble du territoire pour quatre semaines à partir de samedi. Ces mesures, déjà en place en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, comportent la fermeture de certains commerces et l'interdiction de se déplacer à plus de 10 km.

Toutefois, les déplacements entre les régions seront autorisés durant le weekend de Pâques, a précisé Emmanuel Macron, une tolérance avant l'application des limitations de déplacements instaurés pour quatre semaines sur tout le territoire.

"Qui souhaite changer de région pour aller s'isoler pourra le faire durant ce weekend de Pâques". "Les Françaises et les Français de l'étranger qui veulent rentrer en France pourront aussi le faire à tout moment", a-t-il indiqué.

En outre, les commerces qui sont actuellement fermés dans les 19 départements particulièrement touchés par la troisième vague de l'épidémie de Covid-19 le seront aussi dans tous les autres en métropole, a indiqué mercredi le président de la République.

Concernant les établissements scolaires

La semaine du 5 au 12 avril, "les cours pour les écoles, collèges et lycées se feront à la maison", a précisé le président, sauf "pour les enfants des soignants et de quelques autres professions, de même que les enfants en situation de handicap". Elle sera suivie par deux semaines de vacances à partir du 12 avril, pour toutes les zones, avant une rentrée le 26 avril en physique pour les écoles et en distanciel pour collèges et lycées.

Dans les universités, les étudiants qui le souhaitent pourront continuer pendant le mois qui vient à se rendre à l'université "pour une journée de cours par semaine", a ajouté le président Emmanuel Macron.

Sur la campagne de vaccination, Emmanuel Macron a précisé le calendrier. A partir 16 avril, les personnes de 60 à 70 ans pourront se faire vacciner. Le 15 mai, ce sera au tour des 50 à 60 ans. Puis, mi-juin, tous les Français de moins de 50 ans pourront se faire vacciner.

Le président de la République a cependant reconnu des lacunes dans la vaccination des personnes de plus de 70 ans : "Je sais que beaucoup de nos aînés ont essayé de prendre rendez-vous pour se faire vacciner ces dernières semaines, trop souvent sans succès et j'en suis profondément désolé."

"Ce n'est pas acceptable", a-t-il affirmé, expliquant avoir "demandé à l'Assurance maladie de mobiliser des équipes pour y remédier".

"L'ensemble des plus de 75 ans qui n'ont pas réussi à obtenir un rendez-vous seront appelés", a-t-il assuré, tandis qu'"en parallèle un numéro spécial sera mis à disposition pour prendre un rendez-vous".

A ce jour, 8 004 958 personnes en France ont reçu au moins une doses de vaccin et 2 709 292 ont reçu deux injections, selon les derniers chiffres des autorités sanitaires.

Pour tenter de faire baisser la pression sur les établissements hospitaliers, le président Emmanuel Macron a annoncé mercredi des "renforts supplémentaires" en réanimation pour faire face à l'afflux de malades graves du Covid-19 et passer "dans les prochains jours" à plus de 10 000 lits, contre 7 665 actuellement.

Déclaration de Jean Castex ce jeudi

Le Premier ministre français, Jean Castex prononcera, lui aussi, ce jeudi une déclaration. Cette dernière sera suivie d'un débat et d'un vote devant les deux chambres du Parlement "sur l'évolution de la situation sanitaire"

Une troisième vague de l'épidémie qui suscite de vives inquiétudes

La situation sanitaire s'est effectivement aggravée sur le territoire français. Ainsi, le taux d'incidence au niveau national est à plus de 377. Les autorités avaient fixé à 250 le seuil d'alerte maximale, soit 250 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants. Mais cette moyenne cache d'importantes disparités régionales. Dans certains départements, dont ceux de la région parisienne, le taux d'incidence dépasse les 500.

Autre facteur d'inquiétude, la tension hospitalière ne faiblit pas. A ce jour, le nombre de malades en réanimation est de 5 053, au-delà des capacités hospitalières normales et du pic de la deuxième vague de novembre. Et en comptant les malades du Covid-19 et les autres, près de neuf lits de réanimation sur 10 (6 833 sur 7 665 à la date du 26 mars) sont actuellement occupés, selon le ministère de la Santé qui précise que "la montée en charge des capacités se poursuit dans toutes les régions".

Sans mesures rapides, des médecins et des responsables hospitaliers ont averti du risque de devoir "trier" les malades faute de lits. Un scénario "impossible" pour le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a réaffirmé mardi: "nous ne laisserons pas saturer les hôpitaux ; nous ne laisserons pas les médecins devoir trier des malades".

Les patients en réanimation occupent aujourd'hui pratiquement toutes les capacités d'accueil de ces services hospitaliers. Mais la situation est très contrastée en fonction des régions françaises, les écarts sont, là aussi, très importants. Ainsi, la tension hospitalière sur les capacités en réanimation n'est "que" de 53,4% en Nouvelle-Aquitaine, alors que dans les Hauts de France, cet indice s'établit à 149,3%.

95 337 français sont morts après avoir contracté le Covid-19 depuis le début de l'épidémie dans le pays.