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Tunisie : lassés par la crise et le manque de reconnaissance, les jeunes médecins quittent le pays

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Tunisie : lassés par la crise et le manque de reconnaissance, les jeunes médecins quittent le pays
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En Tunisie, le secteur de la santé s'inquiète pour son avenir. De plus en plus de jeunes médecins diplômés quittent le pays pour la France, l'Allemagne ou les États du Golfe, où ils se voient proposer de meilleures conditions de travail.

La précarité des jeunes médecins

Dans un pays, en proie à une crise économique et à la corruption, les jeunes médecins tunisiens regrettent que leurs compétences ne soient pas reconnues à leur juste valeur, à une période où le besoin en personnel soignant est particulièrement important.

Abdelwaheb Mghirbi est médecin urgentiste dans un hôpital public à Tunis. Il dénonce le manque de moyens humains et matériels et réclame un salaire digne. Un médecin interne toucherait en moyenne 1.200 dinars soit 365 euros par mois.

"J'essaye de partir à l'étranger, car la situation générale en Tunisie n'est pas stable économiquement, socialement et politiquement. Actuellement, le pays peut payer les salaires, mais dans six mois, un an, on ne sait pas (...) On m'a proposé un emploi dans un pays du Golfe avec un salaire dix fois supérieur à un salaire en Tunisie. Les moyens dans le domaine de la Santé se développent fortement dans le Golfe."

On m'a proposé un emploi dans un pays du Golfe avec un salaire dix fois supérieur.
Abdelwaheb Mghirbi
Médecin urgentiste à Tunis

80% de départs chez les jeunes diplômés

Ces dernières années, l'exode des jeunes médecins diplômés - toutes disciplines confondues - s'est accéléré, ce qui préoccupe le Dr Slim Ben Salah, président du Conseil national de l'ordre des médecins de Tunisie.

"Déjà en 2018, on n'était pas loin des 60% de départ. Et fin 2020, on n'est pas loin des 80% des jeunes diplômés qui sont en train de partir (...) Les pouvoirs publics font avec les moyens qu'ils ont. Ils n'ont pas de moyens. Le budget de la Santé c'est à peine 6% du PIB. Ça a diminué."

Le budget de la Santé, c'est à peine 6% du PIB. Ça a diminué.
Dr Slim Ben Salah
Président du Conseil national de l'ordre des médecins de Tunisie

Symbole du mal être des médecins, cette manifestation en décembre dernier suite à la mort d'un jeune chirurgien dans un accident d'ascenseur à l'hôpital. Un drame qui avait mis évidence les défaillances du système de santé tunisien.