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L'accord de Vienne de nouveau sur les rails ? Premiers débats indirects "constructifs"

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L'accord de Vienne de nouveau sur les rails ? Premiers débats indirects "constructifs"
Tous droits réservés  Florian Schroetter/Florian Schroetter
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C'est une bulle diplomatique, un espace et un temps privilégié dans le décor d'un hôtel de luxe de la capitale autrichienne, et c'est à deux pas d'un autre grand hôtel où loge la délégation américaine. Pratique pour faire la navette... Car si les Européens ont réussi à rassembler les représentants iranien, allemands, français, britanniques, chinois et russes, à la même table, pour discuter de la remise sur les rails de l'accord de Vienne, Téhéran refuse tout contact direct avec les Américains.

Malgré tout, la première journée a été fructueuse, les discussions indirectes ont été qualifiées de constructives par les États-Unis et l'Iran :

"Oui, nous voyons cela comme une étape constructive et certainement bienvenue. Et nous espérons que nous serons en mesure de quitter Vienne, de retourner aux États-Unis, je parle de notre équipe de négociation bien sûr, avec une meilleure compréhension de la feuille de route à suivre pour savoir comment parvenir à rétablir l'accord", a expliqué Ned Price, porte-parole du Département d'Etat américain, lors de son point presse.

Depuis Téhéran, Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a lui aussi exprimé sa satisfaction, mais reste sur ses gardes :

"Ce que les Américains doivent faire concernant les sanctions est tout à fait clair et ce que l'Iran doit faire pour recommencer à respecter pleinement l'accord nucléaire l'est aussi. Ainsi, toutes ces actions peuvent être réalisées en une seule étape. Cependant, nous ne ferons notre part qu'après que les Américains auront fait leur part et que nous aurons vérifié."

Deux groupes d'experts sont en cours de création pour travailler "pendant 15 jours à un mois" : l'un sur la levée des sanctions américaines qui pèsent sur l'Iran et asphyxient son économie, l'autre sur le programme nucléaire iranien et le respect des limites convenues selon l'accord de Vienne de 2015.

Le but ultime de l'accord est d'empêcher l'Iran de développer une bombe nucléaire, ce qu'il se défend de faire.

L'ex-président américain Donald Trump avait dénoncé unilatéralement en 2018 ce pacte conclu à Vienne trois ans plus tôt.

Mais Joe Biden a dit vouloir le réintégrer, et depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier, les différentes parties s'activent en coulisses.

"Nous avons des inquiétudes sur le programme de missiles balistiques de l'Iran (...), sur leurs activités dans la région. Nous voulons parler de tout cela. Mais nous avons bien plus intérêt à en discuter une fois que nous aurons mis de côté la question nucléaire actuelle", a expliqué Rob Malley à National Public Radio (NPR).

La Maison Blanche a dit s'attendre "à un long et difficile processus par moments", selon Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche. Rien n'a été décidé, a-t-elle prévenu, tout en notant que l'envoi à Vienne d'un responsable de haut rang en la personne de Rob Malley montrait l'importance que Washington accordait à ces discussions.

Pour Kelsey Davenport, directrice de la politique de non-prolifération au sein de l'Arms Control Association, "cette diplomatie de la navette n'est certes pas idéale mais l'UE est bien placée pour sortir de l'impasse et coordonner les mesures nécessaires pour restaurer l'accord".

L'experte met cependant en garde contre "tous ceux qui veulent torpiller l'accord" dans chacun des deux pays ennemis, appelant les négociateurs à "agir vite".