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Le chef d'état-major des Armées françaises "fusille" moralement les généraux et soldats frondeurs

Le général François Lecointre lors des cérémonies commémorant l'Armistice, à Paris, le 11 novembre 2019
Le général François Lecointre lors des cérémonies commémorant l'Armistice, à Paris, le 11 novembre 2019   -   Tous droits réservés  Ludovic Marin/AP
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Quand on est militaire de carrière, on connaît la discipline... Et si jamais on sort du rang, on sait parfaitement ce qui vous attend. La vingtaine de généraux et les 18 soldats français qui ont évoqué à mots couverts ce qui pourrait faire penser à un putsch, dans une tribune le 21 avril dernier, ne peuvent donc être surpris par ce qui leur tombe sur le képi.

Retraite d'office pour les hauts gradés

Le chef d'état-major des Armées, le général François Lecointre, a choisi la même voie, la presse, pour leur dire ce qu'il pense d'eux et de leur initiative, tout en annonçant les sanctions disciplinaires qu'ils vont subir. Les plus hauts gradés, dits de "deuxième section" - ce qui signifie qu'ils peuvent toujours être rappelés, bien que proches de la retraite -, sont logiquement les premiers visés car, comme l'explique le chef d'état-major, "plus les responsabilités sont élevées, plus l'obligation de neutralité et d'exemplarité est forte".

Le général Lecointre a fait chuter le couperet dans le quotidien Le Parisien du 29 avril 2021 :

Je souhaite que leur mise à la retraite d'office soit décidée (...) Ces officiers généraux vont passer chacun devant un conseil supérieur militaire. Au terme de cette procédure, c’est le président de la République qui signe un décret de radiation
Général François Lecointre
Chef d'état-major des Armées

Pas "d'engagements politiciens" dans l'armée

Quant aux soldats d'active dont la signature a été identifiée dans la lettre publiée dans le très à droite journal Valeurs Actuelles - 18 pour le moment, dont font partie 4 officiers -, ils vont écoper de sanctions disciplinaires militaires. François Lecointre les met dans le même panier que les généraux :

Je leur conteste à tous (...) le droit de prendre des engagements politiciens en mettant en avant leur grade
Général François Lecointre

Les "apprentis putschistes" appelaient le président Emmanuel Macron au patriotisme pour faire face au "délitement" qui à leur yeux, était en train de se répandre dans la société française. Leur phrase choc (ci-dessous) a provoqué beaucoup de remous au sein de la classe politique :

Si rien n'est entrepris, le laxisme continuera à se répandre (...), provoquant au final (...) l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles

Un général "indigne" qui "salit l'armée"

Dans sa réponse martiale du jour, le chef d'état-major des Armées règle particulièrement son sort au général Christian Piquemal, un ancien chef de la mythique Légion étrangère. Ce dernier n'en est pas à son premier écart de conduite militaire : en 2016, il avait d'ailleurs été radié des cadres de l'armée française après avoir participé à une manifestation anti-migrants à Calais, dans le nord du pays.

Le général Lecointre est cinglant :

Je vais lui envoyer une lettre pour lui dire qu’il est indigne, salit l’armée, la fragilise en en faisant un objet de polémique nationale
Général François Lecointre
Chef d'état-major des Armées françaises