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Suisse : votation sur l'utilisation des pesticides et la qualité de l'eau

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Image d'archive : épandage de pesticides aux Etats-Unis
Image d'archive : épandage de pesticides aux Etats-Unis   -   Tous droits réservés  Dave Martin/AP2009
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La Suisse va-t-elle bannir les pesticides de synthèse ? Le pays est divisé entre ville et campagne.

Ce dimanche, les électeurs se prononcent notamment sur deux initiatives populaires contre les pesticides de synthèse et pour une eau potable propre.

Les campagnes d'information battent leur plein depuis plusieurs semaines et les sondages donnent le oui gagnant pour les 2.

Edward Mitchell est professeur de biologie à l'Université de Neuchâtel.

« __Les pesticides de synthèse sont l'une des principales causes du déclin de la biodiversité qui est en crise à l'échelle mondiale ainsi que nationale, explique-t-il. Les pesticides de synthèse sont également dangereux pour la santé humaine. C'est une cause reconnue de nombreuses maladies. Et de plus en plus, on se rend compte qu'ils sont aussiperturbateurs endocriniens. Cela signifie que même de très faibles concentrations perturbent le fonctionnement de notre corps. On ne peut donc plus accepter d'être exposés à ce poison. »

Mais la grande majorité du monde paysan est opposée aux deux initiatives anti-pesticides.

Les agriculteurs les jugent nuisibles pour l'approvisionnement alimentaire de la Suisse et pour le porte-monnaie des consommateurs.

Francis Egger est N°2 de l'Union suisse des agriculteurs.

« Dans notre pays, indique-t-il, on ne produit pas assez pour nourrir notre population. On parle du taux d'auto-approvisionnement, ce sont les calories qu'on produit en Suisse par rapport à celles qu'on consomme. On a un taux d'auto-approvisionnement qui est à peu près de 60% actuellement? Cela signifie que 40% de la nourriture, on doit l'importer. On l'importe d'Europe, des pays voisins, d'Amérique du Sud... Or, cette initiative, en supprimant les pesticides de synthèse, va avoir un effet sur la production. On estime que la baisse de la production correspondrait à peu près à un tiers, donc on tomberait à un taux d'auto-approvisionnement de 40% ! Et si on veut avoir un Etat souverain, ça nous pose d'énormes problèmes. »

En Suisse pour qu'une initiative puisse entrer en vigueur, il faut que la majorité de la population et la majorité des cantons le décide.

Or il y a plus de cantons ruraux qu'urbains. Les opposants à ces initiatives anti-pesticides continuent d'espérer que le non l'emportera.