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Shoah : devoir de mémoire pour le massacre de Babi Yar en 1941

Par euronews
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Le député ukrainien Vadim Rabinovitch, la sénatrice française Nathalie Goulet et l'écrivain français Marek Halter au Sénat, à Paris le 21 juin 2021
Le député ukrainien Vadim Rabinovitch, la sénatrice française Nathalie Goulet et l'écrivain français Marek Halter au Sénat, à Paris le 21 juin 2021   -   Tous droits réservés  Euronews
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En seulement deux jours de Septembre 1941, près de 34 000 Juifs ont été entassés puis fusillés au bord du ravin de Babi Yar, à Kiev par des soldats nazis. C’est le début de ce que l’on appellera l’holocauste par balles.

A l'approche des 80 ans du massacre, le Sénat français a accueilli le 21 juin une conférence pour raconter l’horreur de Babi Yar, et ainsi compenser ce que certains, comme l’écrivain et témoin de la Shoah Marek Halter, considère être de graves lacunes dans le travail de mémoire en Ukraine.

Et alors, il n’y a pas de monument à Babi Yar, en quoi c’est important ? m’a demandé un dirigeant ukrainien. J’ai dit car quand il y a un monument, vous passez devant avec votre enfant et votre enfant demandera qu’est-ce que c’est ? Et vous serez obligés de lui répondre”, a témoigné ainsi Marek Halter.

Plusieurs mémoriaux ont bien été érigés à Babi Yar, comme en 1991. Mais les participants à la conférence demandent qu'un travail approfondi de mémoire soit mené.

L'appel a été lancé par le député d’opposition ukrainien et représentant de la communauté juive ukrainienne Vadim Rabinovitch, selon qui la présence tolérée de néonazis en Ukraine, gêne le devoir de mémoire. Il a par exemple montré lors cette conférence, organisée au Palais du Luxembourg, des récentes photos prises lors de funérailles d’un nazi ukrainien.

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Le député ukrainien Vadim Rabinovitch montrant, le 21 juin 2021 au Palais du Luxembourg à Paris, des clichés des funérailles d’un nazi ukrainienEuronews

“La France est le pays qui a donné naissance à la démocratie. Si aujourd’hui, nous ne faisons pas part à nos amis européens de ce qui se passe, tout d’abord avec un lieu aussi historique que Babi Yar, un lieu où des dizaines de milliers de personnes ont été fusillées et où il n’y a même pas un petit monument, ce sera un grand problème”, a déclaré Vadim Rabinovitch.

La conférence a été organisée avec l’aide de la sénatrice française Nathalie Goulet, pour qui cet épisode de la Shoah n’est pas suffisamment connu en occident.

"On a de l’antisémitisme en France. On voit que chaque jour on essaye de lutter contre l’extrémisme et l’antisémitisme. Ces mouvements sont contagieux, ils ont des ramifications partout. Moi ce que j’ai vu en Ukraine m’a effrayée. Quand je vois que des anciens nazis célébrés, qui ont carrément des funérailles nationales, on ne peut pas se taire. Et je crois que la France qui est un ami de l'Ukraine, qui est un pays souverain, peut aider à la survie de cette mémoire qui est la nôtre" a expliqué Nathalie Goulet.

Les 80e commémorations du massacre de Babi Yar doivent avoir lieu les 29 et 30 septembre prochain, à Kiev.