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Géorgie : décès du caméraman tabassé, inquiétude autour de la liberté de la presse

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Par Olivier Peguy avec AFP, AP
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"Qui est le prochain ?", s'interroge une manifestante à Tbilissi, le 11/07/2021, après la mort d'un caméraman tabassé il y a une semaine.
"Qui est le prochain ?", s'interroge une manifestante à Tbilissi, le 11/07/2021, après la mort d'un caméraman tabassé il y a une semaine.   -   Tous droits réservés  VANO SHLAMOV/AFP or licensors
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Mobilisation en Géorgie à l'appel d'organisation des droits de l'homme et de l'opposition qui dénoncent la mort d'un caméraman, tabassé **par des militants d'extrême droite **alors qu'il couvrait une manifestation anti-LGBT.

En Géorgie, la colère ne retombe pas après la mort d'un caméraman. Ainsi des milliers de personnes se sont rassemblées ce dimanche, devant le siège du Parlement à Tbilissi.

Parmi les manifestants, des journalistes, mais aussi des partisans de l'opposition.

Ils réclament la démission du gouvernement, qu'ils accusent d'alimenter un climat de défiance vis-à-vis des médias. Et de dénoncer la passivité des autorités dans la mort du caméraman.

Caméraman passé à tabac

Alexandre Lachkarava a été retrouvé mort dans son lit ce dimanche, selon la chaîne TV Pirveli pour laquelle il travaillait.

Lundi dernier, il avait été violemment passé à tabac par des militants d'extrême droite en marge de manifestations contre la communauté LGBT+. Il avait reçu plusieurs coups notamment au visage.

Plus de 50 journalistes avaient été attaqués ce jour-là, alors que la marche initialement prévue dans les rues de la capitale Tbilissi avait finalement été annulée, par crainte pour la sécurité des participants.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont condamné ces agressions et appelé à ce que les responsables soient traduits en justice.

L'ONG Reporters sans Frontières a estimé que la police avait manqué à son devoir de protection envers les journalistes.

De son côté, le ministère géorgien de l'Intérieur a dit ouvrir une enquête pour déterminer les causes de la mort du caméraman.

Liberté de la presse, droits des LGBT

Ce drame s'inscrit dans un contexte de tensions grandissantes en Géorgie.

L'opposition accuse le gouvernement de vouloir museler les médias indépendants.

Il y a deux ans, la police anti-émeute avait blessé une quarantaine de journalistes qui couvraient une manifestation anti-gouvernementale.

Le Premier ministre géorgien est la cible de violentes critiques, tant de la part de l'opposition que de militants des droits de l'homme après avoir pris position contre la tenue de la marche LGBTQ, l'estimant "inacceptable pour une large part de la société".

Ils reprochent au parti au pouvoir, Rêve Géorgien, d'avoir tacitement soutenu les groupes nationalistes et homophobes qui ont également organisé plusieurs manifestations visant les partis d'opposition pro-Occident.