DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Accord entre Washington et Berlin sur le gazoduc Nord Stream 2

Par Euronews avec AFP
euronews_icons_loading
Le navire russe "Fortuna" dans le port de Wismar, en Allemagne, le 14 janvier dernier, utilisé pour les travaux de construction du gazoduc Nord Stream 2
Le navire russe "Fortuna" dans le port de Wismar, en Allemagne, le 14 janvier dernier, utilisé pour les travaux de construction du gazoduc Nord Stream 2   -   Tous droits réservés  Jens Buettner/dpa via AP
Taille du texte Aa Aa

Un compromis a été trouvé entre les États-Unis et l'Allemagne au sujet du gazoduc Nord Stream 2. Washington et Berlin ont annoncé, mercredi 21 juillet, un accord pour résoudre le différend qui les oppose depuis plusieurs années sur ce projet. Le gazoduc est en effet au cœur d'une bataille géopolitique et économique entre la Russie, les Européens, et les États-Unis.

La Maison blanche s'est montrée rassurée par le contenu du compromis :

"L'Allemagne s'est engagée par cet accord à prendre des mesures au niveau national et européen contre la Russie si celle-ci tente d'utiliser l'énergie comme une arme ou de commettre de nouveaux actes agressifs contre l'Ukraine, elle s'est engagée à ce que des sanctions limitant les capacités d'exportation énergétiques de la Russie vers l'Europe soient prises." a déclaré Victoria Nuland, la sous-secrétaire d'État aux affaires politiques américaines.

L'Allemagne s'est engagée par cet accord à prendre des mesures au niveau national et européen contre la Russie si celle-ci tente d'utiliser l'énergie comme une arme ou de commettre de nouveaux actes agressifs contre l'Ukraine.
Victoria Nuland
Ssous-secrétaire d'État américaine aux affaires politiques

L'Ukraine doit rester "un pays de transit"

Le président américain Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel se sont aussi engagés à tenter de compenser les pertes pour l’Ukraine, qui sera privée d’une partie du transit de gaz russe par Nord Stream 2 .

Les deux pays plaident aussi pour que le gaz continue de "transiter par l'Ukraine après 2024", échéance actuellement prévue dans un accord avec la Russie. "L'Allemagne s'engage à utiliser tous ses moyens de pression pour faciliter une extension pouvant aller jusqu'à dix ans supplémentaires" de cet accord sur le transit, et va nommer "un émissaire spécial pour soutenir ces négociations" d'ici le 1er septembre, selon la déclaration commune.

La dirigeante allemande a notamment promis aux États-Unis de "créer" à terme un "fonds vert d'un milliard de dollars" pour "soutenir la transition énergétique de l'Ukraine". Don initial de Berlin, 150 millions d'euros.

Les États-Unis s'opposent depuis des années, à ce gazoduc. Ils déplorent qu'il passe par la mer Baltique, mais pas par l'Ukraine, menaçant de priver ce pays d'une partie des revenus perçus sur le transit, mais aussi d'un moyen de pression sur Moscou.

Joe Biden a toutefois fini au printemps par renoncer à imposer des sanctions pour bloquer le projet, estimant qu'il était trop tard et qu'il valait mieux miser sur la coopération avec l'Allemagne, favorable, elle, à Nord Stream 2.

"Un cadeau" à Poutine

Cette marche arrière a valu au président américain les critiques des républicains, mais aussi de nombreux ténors de son camp démocrate.

"On a toujours su que Biden partageait le lit de Poutine, voilà que maintenant ils se font des câlins", a raillé, provocateur, le sénateur trumpiste Ted Cruz, évoquant un "cadeau" permettant aux "dictateurs russes" de "faire du chantage énergétique" à l'Europe.

Doubler les exportations de gaz vers l'Europe

Nord Stream 2 va relier la Russie à l'Allemagne via un tube de 1 230 kilomètres sous la mer Baltique d'une capacité de 55 milliards de m3 de gaz par an, sur le même parcours que son jumeau Nord Stream 1, opérationnel depuis 2012. Lorsqu'il sera achevé, normalement le mois prochain, il permettra de doubler les exportations de gaz naturel en provenance de Russie vers l'Europe.

Exploité par le géant russe Gazprom, le projet Nord Stream 2 est estimé à plus de 10 milliards d'euros. Il a été cofinancé par cinq groupes européens du secteur de l'énergie (OMV, Engie, Wintershall Dea, Uniper et Shell).

Au sein de l'Union Européenne, l'Allemagne est le principal promoteur du gazoduc qui, selon elle l'aidera à accomplir la transition énergétique dans laquelle elle s'est engagée, tout en faisant de son territoire un hub gazier européen.

Si la Russie se dit satisfaite de l'avancement du projet grâce à ce compromis trouvé, la Pologne et l'Ukraine, ont affirmé que Nord Stream 2 était une menace pour toute l'Europe centrale, estimant qu'il donne naissance à de nouvelles menaces sur les plans politique, militaire et énergétique.