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Tension à Tunis en pleine crise politique et institutionnelle

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Par euronews
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Tension à Tunis en pleine crise politique et institutionnelle
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La tension est montée d'un cran ce lundi à Tunis entre les soutiens du président tunisien, qui célébraient sa décision de suspendre les activités du Parlement, et ceux du parti Ennahda dénonçant un coup d'Etat.

Des partisans du président tunisien jubilaient ce lundi devant le siège du Parlement, à Tunis. La veille, le chef de l'Etat Kais Saïed, a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi et s'est octroyé le pouvoir exécutif.

Le président Saïed a aussi limogé ce mardi les ministres de la Justice et de la Défense. Dimancje, il avait annoncé la suspension des activités du Parlement, présidé par Rached Ghannouchi, leader du parti Ennahdha, vainqueur des dernières élections.

"Rached Ghannouchi est parti. Ghannouchi est fini. C'est une nouvelle ère", se réjouissait un manifestants paradant devant un siège vide sensé représenter celui du chef de file islamiste.

L'atmosphère s'est crispée quand des partisans d'Ennahdha ont tenté d'approcher du siège de l'Assemblée. Ces derniers dénoncent un coup d'Etat du président de la République tunisienne. Ils ont été repoussés après des échanges de projectiles et l'intervention des forces de l'ordre.

Inquiétudes à l'international

Les images de Rached Ghannouchi, bloqué par des soldats dans la soirée de dimanche devant le parlement, ont suscité les réactions outrées d'Ankara et d'Alger, alliés d'Ennahdha.

La Turquie "rejette la suspension du processus démocratique et le mépris du désir de démocratie du peuple", a annoncé sur Twitter le porte-parole du président turc Erdogan.

Des appels au calme ont également été lancés depuis le Qatar et la Russie, qui "espère que rien ne menacera la stabilité et la sécurité des citoyens" en Tunisie.

L'Allemagne a également fait part de sa préoccupation, par la voix de Maria Adebahr, porte-parole du ministère des Affaires étrangères :

"Nous prenons acte de la décision du président de la République d'invoquer l'article 80 de la Constitution pour suspendre les travaux du Parlement. Pour être honnête, nous devons dire que nous considérons que c'est une interprétation assez large de la constitution", a-t-elle affirmé.

Cette crise institutionnelle inédite dans la jeune démocratie tunisienne intervient alors que le pays traverse une terrible vague de Covid-19. Les hôpitaux saturés manquent d'oxygène. Cela a aggravé la colère contre le gouvernement d'Ennahdha, déjà fort en raison de la crise financière.

Le président Saïed, qui bénéficie d'un large soutien des manifestants anti-gouvernementaux, était toujours seul au sommet de l'Etat ce lundi. Il a promis de nommer rapidement un nouveau chef de gouvernement.