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Tunisie : arrestation de députés critiques du président Saied

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Par euronews avec AFP
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Forces de police déployées devant le parlement tunisien, à Tunis le 31 juillet 2021
Forces de police déployées devant le parlement tunisien, à Tunis le 31 juillet 2021   -   Tous droits réservés  FETHI BELAID/AFP
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Un poste de Premier ministre toujours vacant, des arrestations de politiques critiques envers le président, une semaine après la prise de pouvoir de Kais Saied en Tunisie, certains observateurs expriment la crainte d'une dérive autoritaire.

Les arrestations qui font polémiques ces derniers jours sont celles, notamment, de deux députés du mouvement islamo-nationaliste Al-Karama, un parti ultraconservateur allié d'Ennahdha. Maher Zid et Mohamed Affes ont été arrêtés ce week-end et ont été placés en détention provisoire dans le cadre d'une "enquête de la justice militaire", a expliqué sur Facebook le chef d'Al-Karama, Seifeddine Makhlouf.

Selon cet avocat très hostile au président Saied, les deux députés et lui-même sont poursuivis dans une affaire liée à une altercation survenue en mars à l'aéroport de Tunis. Ils sont soupçonnés d'avoir insulté des agents de la police des frontières qui avaient interdit à une femme de voyager. C0ontacté par l'AFP, le parquet était injoignable. Aucune précision de la justice militaire n'a été publiée. Al-Karama compte parmi les partis qui dénoncent un "coup d'Etat" de la part du président Saied.

Vendredi, un député indépendant, Yassine Ayari, qui dénonçait aussi un "coup d'Etat militaire", a été arrêté en application d'une condamnation à deux mois de prison, prononcée fin 2018, pour avoir critiqué l'armée, selon la justice militaire tunisienne. Son incarcération a suscité l'inquiétude d'ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International.

Face aux critiques, Kais Saied reste Imperméable, d'autant que le président tunisien jouit toujours d'une très forte popularité depuis son élection avec plus de 70% des voix en 2019.

Kais Saied s'est octroyé les pleins pouvoirs le 25 juillet et a suspendu le Parlement, en affirmant vouloir "sauver" ce pays du Maghreb, rongé par des mois de blocages politiques et un nouveau pic meurtrier de Covid-19 - la Tunisie enregistre l'un des pires taux de mortalité officiels du monde.

En instaurant ce régime d'exception, dénoncé par ses adversaires du parti d'inspiration islamiste Ennahdha comme un "coup d'Etat", le président tunisien a également levé l'immunité parlementaire des députés.