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Défense européenne : l'Afghanistan est-elle la claque de trop ?

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Par euronews
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Défense européenne : l'Afghanistan est-elle la claque de trop ?
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Le chaos des évacuations à Kaboul pourrait encourager l'Europe à avancer vers une défense intégrée alors qu'une autre crise menace au Sahel, selon Fabrice Pothier directeur de la stratégie de Rasmussen Global.

L'Europe va-t-elle tirer les leçon de la débâcle en Afghanistan et investir plus dans ses propres capacités de défense ? Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l'UE sont réunis en Slovénie ce jeudi et vendredi, pour parler de la boussole stratégique, un document visant à définir les ambitions du bloc en matière de sécurité pour les cinq voire dix années à venir.

Cette réunion intervient peu après la prise de parole équivoque du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell : "Nous devons tirer des leçons de cette expérience (...) en tant qu'Européens, nous n'avons pas été capables d'envoyer 6 000 soldats pour sécuriser la zone de l'aéroport de Kaboul. Les États-Unis l'ont été, mais pas nous", a-t-il déclaré dans une interview au Corriere della sera.

Une fenêtre sur la réalité

Faut-il voir dans la crise afghane une fenêtre d'opportunité pour la défense européenne ? Pour Fabrice Pothier, chef de la stratégie chez Rasmussen Global, une entreprise de conseil politique, "il s'agit plutôt d'une fenêtre sur la réalité, à savoir que l'Europe n'a pas encore la volonté politique ni les capacités réelles (...) de faire le même travail que les forces américaines en Afghanistan. La question est de savoir si la donne va changer", se demande cet expert des questions de sécurité.

Selon Fabrice Pothier, la vraie question est de savoir si "l'Allemagne, qui reste l'État pivot de l'Europe en matière de défense, sera plus disposée à investir financièrement et faire évoluer la culture stratégique, à prendre des risques et envoyer des forces allemandes là où il y a un danger."

La discussion n'est pas nouvelle. L'Europe de la défense a déjà essuyé plusieurs échecs en Libye, dans les Balkans, mais aussi au Sahel, la véritable épreuve de vérité, assure l'analyste : "La question est de savoir si les Européens, surtout les Français, vont réussir à tenir au Sahel. Dès que j'ai vu l'actualité en Afghanistan, j'ai pensé au Sahel, car dès que la France se retirera du Sahel, on aura une série de pays qui vont certainement s'effondrer et tomberont aux mains de groupes criminels, terroristes, et là, on aura vraiment un problème très proche de l'Europe", résume M. Pothier.

Le Royaume-Uni s'était toujours opposé à la création d'une force armée européenne, sous quelque forme que ce soit. L'exécutif européen espère faire renaître cette idée depuis le Brexit.

Les vingt-Sept ont décidé en mai dernier lors d'un conseil des ministres de la Défense de valider un accord sur les contours d'une future "force de première entrée" d'environ 5 000 hommes en mars 2022, lors de la présidence française de l'UE.

Mais l'intégration de la défense européenne suscite toujours les craintes de certains Etats membres de l'UE, qui redoutent une l'influence trop grande de Washington et que certaines décisions industrielles soient motivées par des intérêts nationaux.