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Non, dit Paris, on n'"abandonne" pas le Mali

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Par euronews avec AFP, AP
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de gauche à droite : Florence Parly, Choguel Maïga, Jean-Yves Le Drian
de gauche à droite : Florence Parly, Choguel Maïga, Jean-Yves Le Drian   -   Tous droits réservés  AP
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Les dirigeants français dénoncent les récents propos du Premier ministre malien. Ce dernier a accusé la France d'"abandonner" le Mali, en réduisant sa présence militaire. C'est faux, a réagi Paris.

Les autorités françaises n'ont pas du tout apprécié le récent discours du Premier ministre malien à la tribune de l'ONU. Ce dernier a accusé la France d'"abandonner" le Mali, en réduisant sa présence militaire. Dans son allocution, Choguel Kokalla Maïga a dénoncé un "manque de concertation" et une décision "unilatérale".

Réaction du commandant de la force Barkhane

Le nouveau commandant de Barkhane, le général Laurent Michon, a assuré qu'au contraire la décision d'évacuer les forces françaises de leurs trois positions les plus septentrionales au Mali avait été mûrement réfléchie et discutée.

« Le projet de quitter Kidal, Tessalit et Tombouctou date d'il y a à peu près deux ans, 18 mois à deux ans. __Il a été élaboré avec les chefs d'Etat de la zone G5 (G5 Sahel: Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad, NDLR), notamment à Bamako et à Niamey avec des autorités politiques qui connaissent le projet, qui le souhaitent, dans le cadre de l'Accord de paix », a-t-il indiqué.

Le plan français prévoit une évacuation de Kidal, Tessalit et Tombouctou pour recentrer les effectifs autour de Gao et Ménaka, plus près de la "zone des trois frontières", aux confins du Niger et du Burkina Faso.

« Si le Premier ministre évoque par là le fait que nous retirions notre présence symbolique dans ces trois garnisons, ce n'est absolument pas un abandon, c'est une relève sur position" en termes militaires. __Dans ces trois garnisons, les unités de la Minusma, et surtout celles des FAMas, sont implantées, solidement implantées, et il ne s'agit nullement d'un abandon », a-t-il assuré en référence aux Casques bleus de la Mission de l'ONU (Minusma) et aux forces armées maliennes.

Réactions du gouvernement français

Même son de cloche au ministère français des Affaires étrangères.

« La transformation de notre dispositif militaire au Sahel ne constitue ni un départ du Mali, ni une décision unilatérale et il est faux d'affirmer le contraire », a ainsi déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay.

Quant à la ministre française des Armées, sa réaction est encore plus virulente. Florence Parly dénonce l'"indécence" des propos du Premier ministre malien, qui s'est exprimé au lendemain de la mort d'un soldat français au Mali.

« Il n'y a pas de désengagement français, je tiens à commencer par rétablir des contre-vérités (...) Quand on a 5.000 soldats et qu'on se désengage de trois emprises, et qu'on a l'intention d'en laisser encore plusieurs milliers, lorsqu'on déploie au Sahel des blindés dernier cri (...) ce n'est pas l'attitude normale d'un pays qui a l'intention de s'en aller », a fait valoir la ministre des Armées Florence Parly lors d'une conférence devant des étudiants de Sciences-Po Paris.

De là à s'essuyer les pieds sur le sang des soldats français, c'est inacceptable.
Florence Parly
ministre française des Armées

Barkhane et Wagner

La France disposait jusque-là de 5000 soldats engagés au Sahel dans le cadre de l'opération "Barkhane". Leur nombre devrait être ramené entre 2500 et 3000.

Vu de Bamako, cela ressemble à un désengagement, et cela suffit à justifier l'ouverture de discussions avec la société paramilitaire russe "Wagner".

Les dirigeants français ont averti leurs homologues maliens qu'une implication du groupe Wagner au Mali serait incompatible avec une présence militaire française et celle d'autres pays et organisations internationales sur le terrain.