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De retour en Géorgie, l'ex-président Mikheïl Saakachvili a été arrêté

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Par Euronews avec AFP
Mikheïl Saakachvili lors d'un meeting en 2012 (Archives)
Mikheïl Saakachvili lors d'un meeting en 2012 (Archives)   -   Tous droits réservés  VANO SHLAMOV/AFP or licensors
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L'ex-président géorgien et meneur d'opposition Mikheïl Saakachvili a été arrêté à son retour dans son pays après un exil de huit ans, en pleine crise politique, a annoncé vendredi le Premier ministre Irakli Garibachvili.

"Le troisième président de Géorgie, Mikheïl Saakachvili, a été arrêté et envoyé en prison", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. L'ancien chef d'Etat était recherché pour "abus de pouvoir" dans une affaire qu'il juge politique.

Quelques heures plus tôt, le fondateur du principal parti d'opposition avait publié une vidéo sur Facebook dans laquelle il affirmait être de retour.

"J'ai risqué ma vie et ma liberté pour rentrer", avait-t-il lancé, précisant se trouver dans la ville côtière géorgienne de Batoumi.

Le ministère géorgien de l'Intérieur avait alors assuré que "Saakachvili n'avait pas franchi la frontière". "Saakachvili n'est pas en Géorgie", avait même affirmé le dirigeant du parti au pouvoir Rêve géorgien, Irakli Kobakhidze. "Et c'est dommage car cela veut dire que son arrestation va être reportée."

Dérives autoritaires

Agé de 53 ans, il divise dans son pays où ses soutiens le considèrent comme le fondateur de la Géorgie moderne, tandis que ses détracteurs dénoncent ses dérives autoritaires.

Lui, pendant toute sa vie politique agitée, n'a eu de cesse de se présenter en pourfendeur des oligarques qui, d'après lui, "étouffent ce qu'il reste de démocratie en Europe orientale".

En 2003, il avait accédé à la présidence après avoir mené la "Révolution de la rose", qui avait évincé pacifiquement les vieilles élites héritées de la période soviétique.

Ce polyglotte, qui a étudié en France et aux Etats-Unis, fut un temps le chouchou de l'Occident, promettant de transformer un pays ravagé par plus d'une décennie de crises politiques, guerres contre des provinces séparatistes, pauvreté et corruption.

Il a mis en oeuvre des réformes économiques propices aux affaires, obtenant une multiplication par trois du Produit intérieur brut (PIB) par habitant.

Exil à l'étranger

Mais de nombreux critiques ont dénoncé sous sa présidence des atteintes aux libertés et un penchant autoritaire, citant notamment la violente répression de manifestations antigouvernementales.

Après son deuxième et dernier mandat présidentiel, il quitte en 2013 le pays pour les États-Unis. Il déménage ensuite en Ukraine pour diriger la région stratégique d'Odessa, avant de se fâcher avec le président de l'époque, Petro Porochenko, et d'organiser des protestations contre lui.

Le nouveau président Volodymyr Zelensky lui a rendu son passeport ukrainien et l'a nommé en 2020 à la tête d'une agence chargée des réformes qui n'a pas eu de succès remarquables.