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Crise de la pêche post-Brexit : le bras de fer se poursuit entre Paris et Londres

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Par Julien Pavy  avec AFP
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Un pêcheur à Boulogne-sur-mer le 15 octobre 2021
Un pêcheur à Boulogne-sur-mer le 15 octobre 2021   -   Tous droits réservés  Christophe Ena/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Une sensation de mal de mer post-Brexit flotte sur la Manche, où la question de la pêche continue d'alimenter les tensions entre la France et le Royaume-Uni.

La France sévit

Mécontent du nombre de licences accordé aux bateaux de pêche européens, Paris a décidé de sévir : à compter de mardi prochain, si Londres et l'île anglo-normande de Jersey n'accordent pas davantage de laisser-passer, les bateaux de pêche britanniques auront l'interdiction de débarquer leurs cargaisons dans les ports français. Par ailleurs, les contrôles douaniers seront renforcés, à la fois sur les navires mais aussi sur les camions en provenance du Royaume-Uni.

Dans le port français de Boulogne-sur-mer, les acteurs de la pêche saluent les mesures de rétorsion du gouvernement français :

"Je pense qu'il était temps. Moi ça va je suis commerçant, mais c'est vrai que pour tous mes collègues pêcheurs depuis le début, c'est vraiment difficile", explique un poissonnier.

"Je trouve que ces mesures sont bonnes , ça va peut-être faire bouger un peu les choses. Peut-être que les Britanniques vont réfléchir et que nos pêcheurs auront les permis bateaux pour aller là bas dans les zones anglaises, on verra bien."

Pour tous mes collègues pêcheurs depuis le début, c'est vraiment difficile.
Un poisonnier français

Paris réclame le double de licences

En mer, les mesures de rétorsion semblent avoir déjà pris effet, alors que deux navires britanniques ont été verbalisés, l'un d'eux dérouté par les autorités françaises pour un défaut de licence.

Le Royaume-Uni a jugé la réaction de la France "disproportionnée" et a annoncé vouloir convoquer l'ambassadrice de France.

Londres affirme avoir accordé 210 licences définitives, un chiffre nettement insuffisant pour Paris qui en réclame encore le double

L'accord post-Brexit, conclu fin 2020, prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l'ampleur des justificatifs à fournir.