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Allemagne : accord de gouvernement entre le SPD, les Verts et les libéraux

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Par euronews
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De g. à d. : Annalena Baerbock et Robert Habeck (Verts), Olaf Scholz (SPD) et Christian Lindner (FDP) à Berlin, le 24/11/2021
De g. à d. : Annalena Baerbock et Robert Habeck (Verts), Olaf Scholz (SPD) et Christian Lindner (FDP) à Berlin, le 24/11/2021   -   Tous droits réservés  Markus Schreiber/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Les sociaux-démocrates allemands, les Verts et les libéraux ont dévoilé ce mercredi après-midi leur accord gouvernemental pour former une coalition.

Près de deux mois après les élections législatives marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière, les sociaux-démocrates du SPD vont donc prendre les rênes du pouvoir, dans une alliance inédite avec les Verts et le parti libéral du FDP.

Ces trois formations ont présenté leur "contrat" de gouvernement - détaillant leur programme et négocié depuis plusieurs semaines à Berlin. Le document est intitulé "Oser plus de progrès. Alliance pour la liberté, la justice et la durabilité".

Cet accord ouvre de fait une nouvelle ère après 16 années d'Angela Merkel. Celle-ci n'assure plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois.

"Le feu tricolore"

C'est la première fois depuis l'après-guerre que l'Allemagne se dote d'une coalition alliant sociaux-démocrates, libéraux et écologistes. Faisant référence aux couleurs données aux partis politiques (rouge pour le SPD, jaune pour le FDP et vert pour les écologistes), Olaf Scholz a lancé : "le feu tricolore est là".

« Le SPD, les Verts et le FDP se sont entendus sur un contrat commun de coalition lors des négociations et donc sur une nouvelle alliance gouvernementale », a-t-il ajouté, promettant une "coalition d'égal à égal".

L'accord de coalition a été ficelé à l'issue de négociations menées tambour battant.

Il a été mis au point en un temps record : le soir même des élections le 26 septembre, sociaux-démocrates, Verts et libéraux avaient manifesté leur volonté d'aller vite pour ne pas répéter le scénario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois à constituer son gouvernement, paralysant l'Europe.

La conclusion rapide d'un accord de gouvernement devrait rassurer les autres pays européens, inquiets après les législatives de voir l'Allemagne, poids lourd de l'UE, sans réel capitaine à bord.

Composition du gouvernement

  • Le social-démocrate Olaf Scholz va devenir à 63 ans, le prochain chancelier. Il devrait être investi début décembre par les députés du Bundestag.
  • Les libéraux obtiennent le ministère des Finances. Le document ne livre pas de nom, mais le président du FDP Christian Lindner, un chantre de l'austérité budgétaire, est considéré comme favori pour endosser la fonction de grand argentier.
  • Les Verts héritent des ministères des Affaires étrangères et du Climat. Là aussi, le document ne livre pas de nom, mais Annalena Baerbock devrait devenir à 40 ans la nouvelle cheffe de la diplomatie. Un autre écologiste, Robert Habeck, devrait, lui, hériter d'un grand ministère regroupant l'Economie et la Protection du climat.

Programme de gouvernement

  • La nouvelle coalition qui va prendre les commandes de l'Allemagne a annoncé ce mercredi vouloir revenir à la rigueur budgétaire en 2023. Après une année 2022 marquée encore par la pandémie, "nous limiterons à partir de 2023 l'endettement à ce que permet le frein constitutionnel", selon le contrat de coalition négocié pendant plusieurs semaines entre SPD, FDP et les Verts, qui prévoit toutefois des moyens budgétaires "sans précédent" pour respecter les objectifs climatiques.
  • Autre point d'accord entre les différentes formations de la coalition : légaliser le cannabis. "Nous introduisons la distribution contrôlée de cannabis aux adultes à des fins de consommation dans des magasins agréés", annonce le contrat de gouvernement.
  • Enfin, la coalition dit vouloir avancer la sortie du charbon à 2030, au lieu de 2038, selon l'accord conclu entre les trois partis. "L'idéal serait d'y parvenir dès 2030", exposent dans leur contrat sociaux-démocrates, écologistes et libéraux, soulignant que "cela exige le développement massif des énergies renouvelables" et implique "la construction de centrales à gaz modernes afin de couvrir les besoins croissants en électricité et en énergie au cours des prochaines années à des prix compétitifs".