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Colombie : une paix partielle cinq ans après l'accord avec les FARC

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Par Héctor Estepa
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Colombie : une paix partielle cinq ans après l'accord avec les FARC
Tous droits réservés  Fernando Vergara/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.

Il y a cinq ans, Carlos Antonio Lozada était chef guérillero des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Aujourd'hui, il est sénateur au Congrès colombien, la guérilla ayant formé en 2017 un parti politique. En novembre 2016, il a fait partie des signataires de l’accord de paix entre Bogota et son groupe.

S’il salue le processus engagé alors, il reproche au gouvernement actuel de ne pas respecter tous les termes de l'accord.

"Nous avons certes réussi à mettre fin à une guerre de plus de 50 ans," reconnaît le sénateur. "Mais nous avons aussi mentionné dans ce texte, une feuille de route de ce que devrait être le processus de transition de la Colombie vers une société différente," fait-il remarquer. Une feuille de route qui tarde à être appliquée selon lui.

"L'État renonce à exercer son pouvoir," dénonce un ancien FARC

En réalité, cet accord n'a qu'en partie mis fin à l'effusion de sang. Les répercussions d'un conflit qui a duré plusieurs décennies continuent de se faire sentir. Elles sont alimentées par la violence des dissidents des FARC et le trafic de drogue persistant en Colombie. Plus de 1500 personnes ont été tuées depuis la signature de l'accord.

Selon le sénateur Carlos Antonio Lozada, c'est la conséquence de lacunes dans son application.

"En ne mettant pas en œuvre ce qui était prévu, en ne donnant pas la terre à ceux qui doivent la travailler," dénonce Carlos Antonio Lozada, "l'État continue de renoncer à exercer son pouvoir dans les territoires contrôlés par des groupes politiques et économiques qui ont un lien avec les activités illicites."

"Des faits et des résultats" selon le gouvernement

Au Palais du gouvernement, Juan Camilo Restrepo exerce la fonction de haut-commissaire pour la paix. Il souligne les progrès enregistrés par l'État et rejette les accusations de non-respect de l'accord.

"Aujourd’hui, 95% des ex-combattants du processus bénéficient d'une protection sociale complète," affirme-t-il. "Donc la meilleure manière de répondre aux critiques, c'est en donnant les faits et les résultats, on ne peut pas faire de politique avec la paix," insiste-t-il.

Juan Camilo Restrepo a aussi un message à adresser au pays voisin, le Venezuela. "Au Venezuela, c'est une dictature" dénonce-t-il avant d'ajouter : "Et l'autre chose à dire, c'est qu'il faut que cette dictature cesse d'accueillir des personnes qui font partie de groupes armés organisés."

Violence et trafic de drogue

Cinq ans après la signature de l'accord, la paix reste partielle en Colombie. Le pays devra affronter de nombreux défis dans les prochaines années.

L'influence des dissidents des FARC, des guérillas de l'Armée de libération nationale (ELN) et des paramilitaires reste forte dans certaines zones dangereuses du pays.

Le conflit continue de faire des milliers de déplacés chaque année et la violence est exacerbée par ce fléau national qu'est le trafic de drogue.